mon année d’assistante de langue

Mon année d’assistante de langue touche à sa fin… Et il est peut-être temps de vous raconter mon expérience ! 

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Etre assistant.e de langue c’est quoi ?! Comment je postule ?!

Etre assistant.e de langue, dans mon cas, assistante de français, c’est soutenir, aider, accompagner, assister les profs de français, et aussi faire découvrir sa langue, son pays sous une autre forme, plus attractive que les heures de cours habituels. On postule via le CIEP. Il s’agit d’un dossier de motivation en ligne. On ne choisit pas vraiment sa région. On peut faire trois voeux, mais très généraux (Nord, Sud, Est, Ouest). Si vous souhaitez une région/ville particulière, écrivez-le bien. Et si vous le voulez de tout coeur, je crois qu’il faut vraiment dire que vous avez vraiment envie d’être assistant.e, mais ici, et pas ailleurs. J’ai été affectée au Heinrich-Heine-Gymnasium de Bottrop, bien qu’ayant parlé de mes études à Münster. Bottrop – en train – est à presque deux heures de Münster. 

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Pourquoi postuler ? 

Beaucoup d’étudiant.e.s postulent pour être assistant.e parce qu’iels veulent devenir prof ou instituteur, parce qu’iels veulent travailler dans le milieu pédagogique. D’autres postulent également car c’est une bonne occasion de (re)partir à l’étranger et d’apprendre une nouvelle langue ou d’améliorer des connaissances déjà présentes. Pour ma part, étant donné mon parcours, il s’agissait plutôt d’un job sympa et pas mal payé (en Allemagne, 850€ par mois pour douze heures de travail par semaine). Mais c’est en fait une bourse qui doit vous permettre de vivre tranquillement pendant votre assistanat, donc non imposable. En revanche, si vous décidez de vous lancer et de postuler, et qu’il s’avère que vous soyez pris.e, prévoyez de quoi survivre les premiers mois : il faut un compte allemand pour recevoir la bourse qui peut s’avérer difficile à ouvrir selon les banques. Petit Exkurs : Personnement, je suis chez Fidor, une banque en ligne. Ca peut faire peur car pas de bureau réel où s’adresser en cas de problème (que je n’ai jamais eu). Mais c’est facile, juste besoin de papier d’identité pour ouvrir un compte courant (il n’y a pas encore de compte épargne proposé car c’est une banque assez récente), mais c’est tout ce dont vous avez besoin ! Bref, surtout si vous utilisez principalement votre compte français, même à l’étranger, c’est plutôt bien. 

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Le système allemand, la vie pédagogique, mon école, mes impressions

Le système allemand est assez complexe. Commençons par le début. 

L’école est obligatoire entre 5 et 7 ans – cela dépend des Länder car l’Allemagne est un Etat fédéral. Tout comme la durée totale d’enseignement, certaines écoles ont par exemple une autre classe après l’équivalent de la Terminale, donc certain.e.s préparent l’Abitur (l’équivalent du bac) pendant plus longtemps selon le Land. Ce qui ne veut pas dire que c’est forcément injuste (on pourrait dire que certain.e.s ont plus du temps pour se préparer) car l’Abitur est lui aussi décentralisé, donc ce n’est pas le même selon les Länder. Si cette décentralisation est une bonne chose, c’est une autre question. 

Il existe ensuite différents types d’école. Mais d’abord, on commence soit par le Kindergarten (il n’y a pas d’école maternelle), soit à la maison jusqu’à l’arrivée en Grundschule (école primaire). Après la Grundschule, les chemins se séparent entre Hauptschule, Realschule, Gesamtschule et Gymnasium. J’étais dans un Gymnasium et c’est la forme qui se rapproche le plus de notre collège-lycée. Cependant, il y a des passerelles, un.e élève en Realschule peut rejoindre un Gymnasium par exemple. Gesamtschule, il me semble, regroupe toutes les différentes formes possibles d’enseignement. Bref, je ne vais pas m’attarder sur les formes d’école car je ne m’y connais pas assez. Mais je vais m’attarder sur le Gymnasium, mon Gymnasium. 

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Les cours peuvent s’étaler de 8h à 16h40 (il me semble), enfin sur 10 heures. Mais la plupart des cours sont déjà finis après la 8e heure (qui finit à 15h) ou même plus tôt. Les plus petits finissent à 13h20. Il s’agit de cours de 45 minutes. Deux „grandes“ pauses de vingt minutes ont lieu après la deuxième heure et après la quatrième heure. Pour les plus petits, il y aussi dans les heures de midi une „pause active“. Mais contrairement au système français, il n’y a pas de pause réservée au déjeuner. Les petit.e.s Allemand.e.s mangent TOUT LE TEMPS. Alors moi, à 11h25, retour en salle de prof, soit je me jetais déjà sur mon déjeuner (car après il s’agissait de tenir jusque 14h), soit j’attendais. Mais j’avoue que l’option déjeuner à 11h30 l’a souvent emportée. Avançant également mon dîner : dîner à 20h n’arrive que lorsque je rends visite à mes parents… 

Les notes s’étalent de 6 à 1, 1 étant la meilleure note. Vous allez me dire : Mais seulement 6 notes ?! Mais comment font-ils ? Tout d’abord, les notes de 1 à 6 correspondent également à des points de 15 à 0 (qui sont la norme pour l’Abitur) ou à un certain pourcentage de points obtenus, ce qui permet ensuite d’avoir des 1+ ou 1 glatt ou 1 – et ainsi de suite avec tous les chiffres. Bref, je ne connais pas non plus le système comme ma poche, mais je le trouve déjà un peu mieux que nos notes de 0 à 20. Je trouve qu’il n’y a pas la même pression. Et ce n’est pas un demi-point qui vous fera baisser votre note car si vous avez entre tel et tel pourcentage, vous aurez la même note. EN GROS. 

La relation prof-élève… Alors, je suis peut-être trop habituée au système français où la hiérarchie entre l’élève et le prof est quand même très présente, mais je trouve que parfois, les professeur.ses allemand.e.s sont un peu laxistes haha. C’est génial à mon avis que les élèves et les profs arrivent à avoir cette relation de confiance, aussi un peu amicale qui permet d’avoir une bonne ambiance en classe. Mais parfois, selon moi, il faut quand même faire preuve d’un peu d’autorité. Car quand on rend les devoirs écrits et que tout le monde se lève pour aller discuter sa note à l’autre bout de la classe et que la.le prof ne fait rien pour les empêcher, mais ensuite désespère car elle ou il perd du temps, j’ai envie de leur dire, imposez-vous un bon coup et peut-être que les élèves se remettront au travail. Je suis tout à fait pour abattre la hiérarchie prof-élève, mais je me suis rendue compte que parfois, il fallait quand même faire preuve d’un peu d’autorité… Car être la bonne copine, c’est sympa, mais personne ne t’écoute… Voilà haha. Mais bon, ce n’est pas non plus ma vocation de changer les systèmes éducatifs, je partage juste ma humble expérience de l’école allemande. Et n’empêche que mes petits bouts vont me manquer ! 

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P’tit bilan

A part ça… Mon école était géniale. Des collègues vraiment cool. Des élèves (presque) toujours sympas ! Surtout les plus petits, tellement motivés et mignons… Bref, mis à part le trajet Münster-Bottrop (et encore ! C’est aussi une expérience intéressante haha), c’était une paire de mois formidables et très intéressants, qui m’ont beaucoup apporté je pense. Même si je sais à présent que l’enseignement, non, jamais, pour moi, hors de question ! Mais c’était vraiment bien, et mercredi prochain, ça va être étrange de les quitter pour de bon, et de ne plus aller au travail, de ne plus voir mes petits sixièmes… Alors je vais profiter de ma liberté et de mon temps libre, ça c’est sûr haha, car ça libère quand même au moins 24h dans ma semaine, mais ça va quand même faire bizarre. Après huit mois à aller trois fois par semaine au Gymnasium, tout d’un coup plus rien… Enfin, c’est la vie !

Je ne regrette pas cette expérience et si vous avez envie d’aller faire un tour à l’étranger, foncez ! Evidemment, tout dépendra de votre affectation, de votre entente avec les autres profs, de votre environnement, mais il y a de fortes chances que ce soit génial ! Et vous pouvez même faire une deuxième année si ça vous plaît tant ! Je ne peux pas à cause de mes études, et puis j’avoue que le facteur Bottrop ne m’aurait pas incité à faire une deuxième année à Bottrop… Tout était bien, mais ce n’est vraiment pas une ville extraordinaire… Et tant qu’à faire j’aurais bien testé un autre coin en Allemagne ! Mais voilà, vraiment cool de faire un peu autre chose que ce qu’un parcours sciences po offre généralement. 

 

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et un beau jour

Et un beau jour, les gens s’effacent. Ils s’en vont, sans laisser de traces. De leurs corps s’échappent leurs âmes, enfin libérées de la vie qui, d’un coup, les écrase. Car un beau jour, il faut partir. Un beau jour, il n’y a plus rien à vivre. Oh, c’était beau. Oh, c’était bien. La vie, c’était grand soleil. Bien sûr, il y en a eu des nuages et des tempêtes. Parfois des gouttes de pluie qui ont griffé les visages. Mais la vie, c’était lumineux parce que c’était heureux. Mais un jour, on n’est plus. Les gens s’effacent, et s’en vont sans laisser de traces. Ils manquent à nos coeurs, ils manquent à nos vies, ils manquent à nos rires. Ils me manquent, à moi, à mes souvenirs, à mes cartes postales, à mes appels quelques fois par an. Juste pour se dire comment tu vas, moi bien, je pense à toi, j’espère que ça va là-bas, c’est si loin, oui j’aime toujours autant ce que je fais et les études se passent bien, comme toujours, à bientôt j’espère. Mais de bientôt il n’y aura plus. Est-ce que ce qui fait le plus mal, c’est qu’ils ne soient plus là ? Ou que les au revoir n’aient jamais vraiment eu lieu ? Est-ce que ce qui fait le plus mal, c’est de les perdre ? Ou de perdre une partie de soi-même ? On essaye parfois de mettre des mots sur la douleur, mais finalement, les mots ne sont-ils pas de trop ?

Les au revoir, on connaît. La vie se résume à des au revoir. A bientôt mon amour, au revoir mes parents, à plus tard petite soeur. On s’y habitue. Même si toujours au fond de nous, le coeur se déchire de devoir quitter les gens qu’il aime. Mais on s’y habitue. Les adieux, on ne s’y habitue jamais. Et comme disent les gens, souvent on ne reconnaît pas les adieux. Un simple au revoir auquel on n’avait pas vraiment fait attention, devient un adieu catégorique. Une issue sans retour. Plus jamais la main ne s’agitera pour te souhaiter bon voyage. Plus jamais tu ne verras ce sourire ou cette petite larme.

Finalement, est-ce la mort qu’on craint ? Notre mort ? N’est-ce pas plutôt la mort des autres, de finalement se retrouver seul, comme abandonné. Et n’est-ce pas égoïste finalement d’en vouloir à la vie de nous les avoir pris ? Les gens s’effacent, ils sont arrivés au bout du voyage. Et a-t-on le droit de leur en vouloir d’enfin se reposer ? Peut-on leur en vouloir de quitter ce monde injuste, où règnent côte à côte les pires moeurs de l’histoire ?

Un texte ne change rien. Cinq mois ont suffi à deux adieux. Mais même si les mots peuvent être de trop, parfois on veut juste les poser là. Une ultime manière de rendre hommage, une autre façon de panser ses plaies. Peu importe où ces adieux sont allés, vont, iront, on espère qu’ils ont atteint, atteignent, atteindront les âmes parties.

En attendant, soyons heureux malgré tout, car notre vie, la nôtre, est là, et elle n’attend que nous.

mon quotidien avec la DB

Si vous n’avez jamais voyagé en Allemagne, vous vous demandez sûrement : Qu’est-ce que la DB ? La Deutsche Bahn. En gros, la SNCF française. En pire.

La communication à la DB ? ça n’existe pas.

La ponctualité ? Non plus. Tant que l’heure d’arrivée ne dépasse entre 6 et 16 minutes de retard, la DB se considère ponctuelle. Vous avez une correspondance ? Tant pis pour vous…

Que dire de mon expérience avec la DB ? Cela a commencé en 2016 lorsque j’ai commencé à aller à Berlin de temps à temps, ou que je rentrais chez moi par le Thalys que je devais prendre à Cologne. J’ai toujours prévu une marge d’une heure, car dans les pires cas, pas de Thalys… Je ne me souviens pas de trajets particulièrement affreux pour Berlin, mais les départs et les arrivées à l’heure n’existent pas.

BOTTROP

Depuis octobre 2017, je prends le train trois fois par semaine pour me rendre à Bottrop (magnifique ville de NRW, je vous conseille d’ailleurs d’aller voir leur superbe Tétraèdre). C’est-à-dire un aller-retour Münster-Bottrop trois fois par semaine, et autant vous dire que ce n’est pas la porte à côté. J’y ai été affecté comme assistante de langue dans un Gymnasium (et non, je n’ai pas choisi la ville, mais elle fait encore partie du Bezirksregierung de Münster, alors…). Pour se rendre à Bottrop, il y a trois possibilités :
1) Prendre le train jusqu’à Essen, puis changer et reprendre un train jusqu’à Bottrop.
2) Prendre le train jusqu’à Haltern am See, puis changer et reprendre un train jusqu’à Bottrop.
3) Prendre le train jusque Gelsenkirchen, puis changer et prendre un bus.

La première option est la plus sûre. Sauf en cas d’alerte à la bombe à Bottrop (et oui, c’est déjà arrivé), et il aurait fallu donc plutôt prendre le bus, mais la communication étant extraordinaire à la DB, impossible de le savoir à temps. Ensuite, si le train pour Essen est annulé (alors que vous êtes assis dedans depuis 20 minutes), alors vous pouvez tenter la deuxième option, ce qui rend le trajet Münster-Essen-Bottrop plus « sûr », car si ça ne marche pas, vous avez toujours un plan B.

La deuxième option est la plus rapide, mais la moins sûre. Imaginez arriver à Haltern am See, il fait froid, il est 8h du mat, le train que vous auriez pu continuer jusqu’à la prochaine GRANDE ville, et vous apprenez que le train pour Bottrop – que vous devez déjà attendre une demi-heure – est annulé. Et ce train ne passe que toutes les heures. Vous l’avez déjà fait deux-trois fois ce trajet avec soit une annulation, soit du retard. Donc à partir de ce moment-là, vous décidez de dormir moins longtemps et de prendre la première option.

La troisième option, vous ne l’utilisez jamais, car les retards sont trop fréquents et le risque de rater le bus trop important, et se retrouver coincé à Gelsenkirchen, c’est pas la meilleure option. Magnifique transition… Ah, Gelsenkirchen…

GELSENKIRCHEN

Imaginez maintenant, une tempête traverse la NRW. Evidemment, personne ne s’en préoccupe avant le matin même, donc comme tous les jeudis matins, vous vous rendez à l’école, parce que les trains circulent et personne ne vous a dit qu’il valait mieux rester chez soi, car personne n’a pensé que la tempête – Friederike en Allemagne – allait arriver si vite, et comme vous êtes honnête et travailleur, vous allez travailler. Vous arrivez à l’école, apprenez que beaucoup d’écoles viennent de fermer, la votre reste ouverte, mais les profs vous disent de plutôt rentrer, car sinon vous allez sûrement beaucoup galérer à rentrer à Münster, donc vous les écoutez, et vous reprenez le chemin du retour un peu avant 10h (sur le chemin du taff depuis 3h). Les trains à Bottrop pour Essen sont déjà annulés et ne circulent pas, alors vous prenez le bus pour Gelsenkirchen car sur l’application rien ne dit que votre train pour Münster ne partira pas. Vous arrivez là-bas et le train a quelques minutes de retard, mais rien de grave, comme d’habitude à vrai dire. Puis cinq minutes de retard, puis dix. Puis annulation du trafic total. Vous venez d’attendre 30 minutes parce que la DB a encore failli à communiquer. Là, vous rencontrez votre pote assistante et vous demandez quand est-ce que vous allez pouvoir rentrer. Les trains s’annulent les uns après les autres, mais bon, y a de l’espoir. Après 4h d’attente dans une gare glaciale sans agents compétents pour donner des informations, le trafic est annoncé ANNULE POUR LE RESTE DE LA JOURNEE. Heureusement que vous avez une amie qui a une voiture et accepte de venir vous chercher toutes les deux à Gelsenkirchen. 6h dans le froid, dans l’attente. Ceux que je plains le plus, ce sont les passagers de l’IC qui s’est arrêté à Gelsenkirchen et n’est pas reparti. Il est resté 5h avant qu’il laisse ses voyageurs enfin partir. 5H !!! Ne me dites pas qu’il pensait vraiment que le trafic allait reprendre. Encore une communication efficace. Conclusion : La tempête, personne n’y pouvait rien. Mais la communication est totalement absente. Et Gelsenkirchen est une gare très froide.

HANNOVER

Ensuite, imaginez que cette tempête a dévasté la NRW. Aucun train ne part et n’arrive plus à Münster, l’après-midi même vous devez aller à Berlin. Vous n’êtes pas allé travailler, car pas de train. Vous appelez vers 13H la Deutsche Bahn et leur demandez si votre direct pour Berlin partira, elle vous assure que oui. Vous arrivez à 16h à la gare, train prévu à 16h30, le trafic est à nouveau interrompu pour une durée indéterminée. Vous appelez votre amie à la rescousse et lui demandez de vous emmener à Rheine – une ville non loin d’où les trains partent encore. Comme c’est une fille géniale, elle le fait, malgré la pluie battante. Là, vous arrivez, vous avez raté le IC pour Berlin de 5 minutes. Vous faites la queue au centre d’information pour connaître la prochaine connexion. Vous arrivez devant l’agent de la DB, il vous regarde et vous dit « Ah, c’est dommage, vous venez de rater le train ». SANS BLAGUE ?! Finalement, il vous donne une autre possible connexion Rheine-Hannover-Berlin. Très bien. Il assure que ces trains ont roulé toute la journée et que ça ira. Dans le train pour Hannover, vous regardez de temps en temps si votre train est à l’heure : le précédent a une demi-heure de retard « Cool, vous pourrez peut-être l’avoir ! » et arriver à 22h au lieu de 23h ! Arrivé à Hannover, aucun train pour Berlin, tous ont du retard. Vous vous faites des copains de gare, vous discutez avec une Hollandais, un Allemand et un Marocain. Vous buvez un peu de bière ensemble. Il fait grave froid. Après 3h30 d’attente, le train pour Berlin de 20h30 avait 150 minutes de retard, le train de 21H30 100 minutes, et celui de 22H30 40 minutes. Il est 23h10. Et là le ICE de 21H30 entre en gare, vous partez vers 23h15. Vous devriez être à Berlin depuis 3h15. Evidemment, aucune information de la part de la DB, pas de justification, pas d’aide. Vous arrivez à 00h44. Près de 5h de retard. Le bon côté ? Tellement peu de gens ont réussi à atteindre leur destination depuis la NRW que le train du retour du dimanche soir pour Münster est pratiquement vide. Conclusion : A la gare de Hannover, il fait froid, les agents de la DB racontent n’importe quoi (on m’a affirmé que le train pour Berlin allait partir dans une dizaine de minutes alors qu’il était déjà annoncé en retard de 60 minutes).

Ce qui m’est encore arrivé de bien, faire demi-tour avec un train et mettre 5h au lieu de 2h pour rentrer à Münster alors que je venais déjà de Paris… Ou attendre 3h dans un train pour ensuite changer de train en pleine nuit à l’aide d’une mini-passerelle pas du tout rassurante sans savoir pourquoi… Ou le train pour rentrer à Münster a tellement de retard que même le train d’après déjà en retard arrive avant. Ou bien, je devais rentrer de Berlin aussi, mais il y a eu une tempête, alors il n’y avait pas de train, j’ai dû rentrer le lendemain, mais j’ai dû faire changement et mon train suivant a eu 30 minutes de retard SANS RAISON alors qu’il partait deux gares avant VRAIMENT PAS LOIN.

Le bon côté : On (re-)rencontre toujours des gens cool dans les gares. Et je fais marrer mes ami(e)s avec mes histoires. Même si un pote m’a dit – sans que j’ai eu besoin de lui raconter toutes mes péripéties – qu’il ne connaissait personne ayant autant de malchance avec les trains que moi.

arrêtez de vous justifier

C’est décidé, 2018 sera l’année de mon véganisme total ! L’année est encore longue, mais la transition sera faite.

Au fil du temps et de mon évolution, j’ai remarqué que le plus dur n’était finalement pas le regard des autres, ou la difficulté de manger à l’extérieur avec ses ami-e-s ou sa famille, ou d’être invitée et ne pas savoir à quoi ça s’attendre (car en tout cas, en ce qui concerne les plats végétariens, ça fait longtemps que je n’ai pas eu de mauvaise surprise et dû me contenter de salade, merci à tous-tes celleux qui ont fait des efforts pour moi), ou les repas de famille (big up à mon oncle et ma tante qui ont vraiment fait attention à ce qu’il y ait toujours quelque chose de végane pour moi à Noël, j’ai été hyper touchée, et c’était génial). Non, le plus dur, c’est quand un-e carniste apprend que tu es végétarien-ne/végane et est intéressé-e par le sujet. Vous allez me dire, ben c’est une bonne chose ça, oui effectivement, c’est une très bonne chose et discuter de cela ne me dérange pas du tout, parler des options, du pourquoi, du comment, donner des recettes, c’est super. Mais ensuite vient le moment des justifications. Je vais vous dire, avant, au début, ça ne me dérangeait pas, et j’étais même plutôt contente quand les gens me racontaient les efforts qu’ils faisaient. Mais à force de temps, j’ai commencé à être légèrement énervée, puis pas mal énervée, et sûrement bientôt : très énervée, quand cette partie de la conversation se transformait en discours de justifications pour lutter contre la culpabilité.

« Non, mais tu sais, moi je ne mange pas beaucoup de viande, en tout cas jamais le soir, sauf si je sors. »

« Alors moi, je n’achète que de la viande bio ! Et pas souvent ! »

« C’est sûr, les conditions de vie des animaux sont affreuses, mais je ne mange que du poisson, et seulement quelques fois par semaine. »

Etc. Ami-e-s végé-véganes, si vous voulez sortir les punchlines que vous avez entendues, c’est le moment !!

Bref, quoi qu’il en soit, je ne montre rien, je ne m’énerve pas, et généralement, quand on en vient à ce moment-là de la discussion, je me tais ou souris hypocritement (désolée), car je n’ai pas envie de créer un conflit et de passer pour une extrémiste incompréhensive. Mais vraiment, sachez que ça m’énerve profondément et que j’ai vraiment l’impression que les gens savent que ce qu’ils font est mal, mais ils se sentent obligés de se justifier auprès des personnes ayant renoncé à ce mode d’alimentation, comme si ça allait les déculpabiliser ou rendent leurs actes meilleurs. Enfin dans la mesure où : Pourquoi vous vous sentez obligé-e-s de vous justifier si, selon vous, il n’y a pas de mal dans votre assiette ? C’est la question que je me pose. Donc même si j’aimerais changer l’avis de beaucoup de mangeur-ses de viande, j’apprécie celleux qui ne se justifient pas auprès de toi pour se racheter une conscience ou que sais-je. Si vous mangez de la viande ou des produits laitiers, assumez-le, on pourra alors débattre, et le débat, c’est cool. Mais les justifications du style « waw je t’admire, mais tu sais moi j’en mange pas beaucoup », stop. Je suis à un stade où ça m’épuise. Oui, je comprends, c’est difficile de tout arrêter, c’est difficile de renoncer à ses habitudes et de les changer, mais alors on peut discuter de ça, et pourquoi c’est difficile, et comment on peut faire. Et oui je vous dirais que déjà manger moins de viande, c’est un premier pas, mais arrêtez de vous justifier auprès de moi, je ne suis pas la vache bio que vous avez mangée hier, ni le foie gras que vous avez englouti à Noël.

P.S.: Personne n’est visé personnellement, et je parle surtout de gens que je rencontre ici et là, à des soirées, chez des potes, etc. et c’est le plus exaspérant. Evidemment, certain-es de mes ami-e-s ont aussi ce discours-là, mais on a pas non plus les mêmes discussions et on parle beaucoup plus du véganisme en soi, de recettes, etc., et moins du fait qu’ils/elles ne mangent pas beaucoup de viande ou quoi que ce soit. 

2017

 

Janvier – Prelles/Berlin

 


 

Février – Lille/Reims

 


 

Mars – Lille

 


 

Avril – Berlin/Dublin

 


 

Mai – Reims/Münster

 


 

Juin – Münster

 


 

Juillet – Berlin

 


 

Août – Berlin

 


 

Septembre – Sur la route

 


 

Octobre – Paris/Haltern am See

 


 

Novembre – Vosges/Ausstellung in Oberhausen

 

 

Décembre – Reims/Vosges

 


 

hallo 2018

roman #5

Après encore quelques mois de silence littéraire, je reviens aujourd’hui avec un nouveau roman ! Et un roman que je qualifierais de captivant ! Paru en 2013, j’ai eu le plaisir de le découvrir suite à un cadeau. Donc merci les amies pour votre bon goût littéraire ! J’ai lu ce livre durant mon voyage en Europe parmi tous les trains que j’ai pris, je dois dire qu’il a été un très bon accompagnateur ! Dans ce billet, il sera donc question de Americanah écrit par Chimamanda Ngozie Adichie.

Chimamanda Ngozie Adichie est une auteure nigériane, autour de la quarantaine. Elle a quitté le Nigéria à l’âge de 19 ans pour les Etats-Unis d’Amérique où elle a poursuivi ses études dans quatre universités différentes (Philadelphie, Connecticut, Baltimore et Yale). Le titre de son ouvrage renvoie à la façon dont sont appelé-e-s les expatrié-e-s qui reviennent des USA (merci Wiki!).

On suit principalement l’histoire d’Ifemelu, jeune nigériane émigrée aux USA pour étudier qui décide de revenir dans son pays natal alors que sa vie aux USA est déjà construite malgré toutes les épreuves traversées pour en arriver jusque-là. Et celle d’Obinze, son amour de lycée, qui a tenté de rejoindre le Royaume-Uni de son côté, mais en a été expulsé et a fait sa vie au Nigéria, une vie réussie. Ce roman confronte aussi les cultures. Comme on le lit sur la quatrième de couverture (comme ça, je ne vous spolié rien), Ifemelu raconte :

« En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire. »

La couleur de peau n’a d’importance que celle que la société lui donne et nous savons qu’en Amérique, comme dans nos sociétés de l’autre côté de l’Atlantique, elle en a. Ifemelu raconte son parcours pourtant réussi, mais on y comprend aussi le racisme ordinaire dont elle est victime malgré son intégration incontestable dans la société américaine.

Cela raconte aussi la communauté noire aux USA, les différentes communautés de couleur, les différences entre les différentes « sous »-communautés (pas dans le sens inférieur hein !), le fait d’être (presque) condamné à ne rester qu’entre « elleux » car ils sont communauté, à être toujours considéré-e comme une personne qui a incroyablement bien réussi du côté des « Blanc-he-s » car elle est « Noire » ou qui a oublié son pays du côté des « Noir-e-s » en côtoyant les « Blanc-he-s ». Ifemelu, dans sa réussite, n’a plus que des ami-e-s blanc-he-s qui n’ont aucune idée de la réalité des discriminations, qui ont lu des livres et des journaux, qui regardent les infos, qui écoutent la radio et qui ensuite se complaisent dans leurs beaux discours sur les inégalités, le racisme, les injustices alors qu’en fin de compte – comme beaucoup d’entre vous, comme moi – ils n’en savent rien, n’ont pas vécu, ni vu la moitié de ce que des personnes de couleur peuvent vivre, voir ou encore entendre.

Cela raconte également les inégalités entre les pays développés et le reste. Ifemelu qui vivait bien dans son pays, se retrouve confrontée à un pays beaucoup plus cher où l’on paye une fortune pour un jean, alors qu’il s’agit seulement de s’habiller et où elle se retrouve à faire des jobs dont elle n’a pas la moindre vie. Ce roman, c’est l’histoire attachante de cette Nigériane qui retourne au pays car son pays d’accueil ne l’a jamais vraiment considéré à 100% comme une des leurs, mais comme la représentante des opprimé-e-s. Mais en arrivant chez elle, elle n’est plus la même non plus, et tout est différent.
Comment comprendre la réalité ? Comment concilier les cultures ? Comment faire tomber les barrières ?

Ce n’est pas non plus un récit moralisateur destiné à vous remettre en place en tant que personne cis blanche. C’est juste une histoire vraie car sûrement inspirée de la vie de l’auteure, ainsi que de celles de beaucoup de Nigérian-e-s émigré-e-s aux USA. C’est juste la réalité racontée avec des mots bien choisis par une auteure extra !

Disponible à la Fnac en ce moment à partir de 8,80€ en magasin.

kraków – interrail #7

du 14 au 16 septembre

Cracovie a été notre dernière réelle étape commune après déjà 10 jours de voyage. Je dois avouer qu’on m’avait dit tellement de bien de Cracovie, que c’était tellement joli, que j’en attendais beaucoup trop et que j’ai été un peu déçue. Peut-être aussi était-ce dû au temps.

Il nous a fallu une bonne journée de train pour arriver à Cracovie, après une halte dans une gare paumée en Pologne avec la non-certitude d’avoir notre train car nous avions du retard et accompagnées d’un couple de personnes âgées en voyage attendant le même train que nous, eux comme nous rassurés que nous attendions la même chose. Durant le trajet, il a fait beau, nous avons pu voir la campagne polonaise sous le soleil. A peine avons nous posé un pied au sol arrivées à notre destination que les nuages ont commencé à remplir le ciel alors encore bleu. Cependant, nous sommes arrivées à l’auberge sans encombres. 169,10 PLN soit environ 40€ pour 3 nuits pour 2 personnes. Et je peux vous dire que c’était pas une auberge miteuse avec des draps troués, des douches sales ou encore des cafards vagabondant dans les couloirs. C’était tout ce qu’il y a de plus moderne, avec une grande cuisine commune pour l’étage, ainsi qu’un espace salle à manger et un autre plutôt salon : Atlantis Hostel si vous cherchez. Après s’être installées, nous avons décidé de sortir manger un bout, boire un coup. Et là, c’était la tempête ! Enfin, il pleuvait beaucoup surtout. Ce soir-là, nous avons mangé des Pierogi dans un endroit recommandé par un ami de Mel (GOSPODA KOKO je crois), ce sont des espèces de ravioles très bourratives haha ! Et pour cause, nous sommes allées boire quelques verres après le repas, aucune de nous n’a véritablement ressenti les effets de l’alcool, j’en ris encore rien que d’y penser.

Le 15 septembre fut donc destiné à la visite de la ville sous un ciel gris encourageant. Petit tour dans la vieille ville, château et cathédrale, très beaux, dommage que la lumière n’ait pas été au top pour les photos… La cathédrale était vachement sympa car aucune des tours n’était identique, mais ça rendait vraiment très beau. Snack du midi : encore une super spécialité, une zapiekanka si je ne m’abuse (j’avoue j’avais checké internet avant de l’écrire dans mon carnet de voyage), faut avouer que ça cale bien aussi. Petit tour ensuite chez un marchand d’alcool car qui repartirait de Pologne sans vodka ? La soirée fut également bien rempli, entre bars, falafels et boîte pour au total 12€ chacune, plutôt pas mal… Je recommande ce qu’on m’a recommandé, c’est-à-dire Bania Luka, Huki Muki ou Pijalnia…

La dernière journée a alors été destinée à décuver… pour commencer un petit déjeuner au goulasch pour Mel et des pancakes façon polonaise pour moi (vegan !! une des rares fois du voyage… C’était vraiment végétarien sinon…). Ce ne fut pas une journée très productive, mais nous l’avons fini par quelques verres avec l’ami de Mel avant de rentrer nous coucher pour un des derniers longs voyages. Pour finir, courte halte à Berlin pour Mel avant de rejoindre la France, un peu plus longue pour moi où je suis restée quelques jours chez mon copain.