mon année d’assistante de langue

Mon année d’assistante de langue touche à sa fin… Et il est peut-être temps de vous raconter mon expérience ! 

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Etre assistant.e de langue c’est quoi ?! Comment je postule ?!

Etre assistant.e de langue, dans mon cas, assistante de français, c’est soutenir, aider, accompagner, assister les profs de français, et aussi faire découvrir sa langue, son pays sous une autre forme, plus attractive que les heures de cours habituels. On postule via le CIEP. Il s’agit d’un dossier de motivation en ligne. On ne choisit pas vraiment sa région. On peut faire trois voeux, mais très généraux (Nord, Sud, Est, Ouest). Si vous souhaitez une région/ville particulière, écrivez-le bien. Et si vous le voulez de tout coeur, je crois qu’il faut vraiment dire que vous avez vraiment envie d’être assistant.e, mais ici, et pas ailleurs. J’ai été affectée au Heinrich-Heine-Gymnasium de Bottrop, bien qu’ayant parlé de mes études à Münster. Bottrop – en train – est à presque deux heures de Münster. 

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Pourquoi postuler ? 

Beaucoup d’étudiant.e.s postulent pour être assistant.e parce qu’iels veulent devenir prof ou instituteur, parce qu’iels veulent travailler dans le milieu pédagogique. D’autres postulent également car c’est une bonne occasion de (re)partir à l’étranger et d’apprendre une nouvelle langue ou d’améliorer des connaissances déjà présentes. Pour ma part, étant donné mon parcours, il s’agissait plutôt d’un job sympa et pas mal payé (en Allemagne, 850€ par mois pour douze heures de travail par semaine). Mais c’est en fait une bourse qui doit vous permettre de vivre tranquillement pendant votre assistanat, donc non imposable. En revanche, si vous décidez de vous lancer et de postuler, et qu’il s’avère que vous soyez pris.e, prévoyez de quoi survivre les premiers mois : il faut un compte allemand pour recevoir la bourse qui peut s’avérer difficile à ouvrir selon les banques. Petit Exkurs : Personnement, je suis chez Fidor, une banque en ligne. Ca peut faire peur car pas de bureau réel où s’adresser en cas de problème (que je n’ai jamais eu). Mais c’est facile, juste besoin de papier d’identité pour ouvrir un compte courant (il n’y a pas encore de compte épargne proposé car c’est une banque assez récente), mais c’est tout ce dont vous avez besoin ! Bref, surtout si vous utilisez principalement votre compte français, même à l’étranger, c’est plutôt bien. 

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Le système allemand, la vie pédagogique, mon école, mes impressions

Le système allemand est assez complexe. Commençons par le début. 

L’école est obligatoire entre 5 et 7 ans – cela dépend des Länder car l’Allemagne est un Etat fédéral. Tout comme la durée totale d’enseignement, certaines écoles ont par exemple une autre classe après l’équivalent de la Terminale, donc certain.e.s préparent l’Abitur (l’équivalent du bac) pendant plus longtemps selon le Land. Ce qui ne veut pas dire que c’est forcément injuste (on pourrait dire que certain.e.s ont plus du temps pour se préparer) car l’Abitur est lui aussi décentralisé, donc ce n’est pas le même selon les Länder. Si cette décentralisation est une bonne chose, c’est une autre question. 

Il existe ensuite différents types d’école. Mais d’abord, on commence soit par le Kindergarten (il n’y a pas d’école maternelle), soit à la maison jusqu’à l’arrivée en Grundschule (école primaire). Après la Grundschule, les chemins se séparent entre Hauptschule, Realschule, Gesamtschule et Gymnasium. J’étais dans un Gymnasium et c’est la forme qui se rapproche le plus de notre collège-lycée. Cependant, il y a des passerelles, un.e élève en Realschule peut rejoindre un Gymnasium par exemple. Gesamtschule, il me semble, regroupe toutes les différentes formes possibles d’enseignement. Bref, je ne vais pas m’attarder sur les formes d’école car je ne m’y connais pas assez. Mais je vais m’attarder sur le Gymnasium, mon Gymnasium. 

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Les cours peuvent s’étaler de 8h à 16h40 (il me semble), enfin sur 10 heures. Mais la plupart des cours sont déjà finis après la 8e heure (qui finit à 15h) ou même plus tôt. Les plus petits finissent à 13h20. Il s’agit de cours de 45 minutes. Deux „grandes“ pauses de vingt minutes ont lieu après la deuxième heure et après la quatrième heure. Pour les plus petits, il y aussi dans les heures de midi une „pause active“. Mais contrairement au système français, il n’y a pas de pause réservée au déjeuner. Les petit.e.s Allemand.e.s mangent TOUT LE TEMPS. Alors moi, à 11h25, retour en salle de prof, soit je me jetais déjà sur mon déjeuner (car après il s’agissait de tenir jusque 14h), soit j’attendais. Mais j’avoue que l’option déjeuner à 11h30 l’a souvent emportée. Avançant également mon dîner : dîner à 20h n’arrive que lorsque je rends visite à mes parents… 

Les notes s’étalent de 6 à 1, 1 étant la meilleure note. Vous allez me dire : Mais seulement 6 notes ?! Mais comment font-ils ? Tout d’abord, les notes de 1 à 6 correspondent également à des points de 15 à 0 (qui sont la norme pour l’Abitur) ou à un certain pourcentage de points obtenus, ce qui permet ensuite d’avoir des 1+ ou 1 glatt ou 1 – et ainsi de suite avec tous les chiffres. Bref, je ne connais pas non plus le système comme ma poche, mais je le trouve déjà un peu mieux que nos notes de 0 à 20. Je trouve qu’il n’y a pas la même pression. Et ce n’est pas un demi-point qui vous fera baisser votre note car si vous avez entre tel et tel pourcentage, vous aurez la même note. EN GROS. 

La relation prof-élève… Alors, je suis peut-être trop habituée au système français où la hiérarchie entre l’élève et le prof est quand même très présente, mais je trouve que parfois, les professeur.ses allemand.e.s sont un peu laxistes haha. C’est génial à mon avis que les élèves et les profs arrivent à avoir cette relation de confiance, aussi un peu amicale qui permet d’avoir une bonne ambiance en classe. Mais parfois, selon moi, il faut quand même faire preuve d’un peu d’autorité. Car quand on rend les devoirs écrits et que tout le monde se lève pour aller discuter sa note à l’autre bout de la classe et que la.le prof ne fait rien pour les empêcher, mais ensuite désespère car elle ou il perd du temps, j’ai envie de leur dire, imposez-vous un bon coup et peut-être que les élèves se remettront au travail. Je suis tout à fait pour abattre la hiérarchie prof-élève, mais je me suis rendue compte que parfois, il fallait quand même faire preuve d’un peu d’autorité… Car être la bonne copine, c’est sympa, mais personne ne t’écoute… Voilà haha. Mais bon, ce n’est pas non plus ma vocation de changer les systèmes éducatifs, je partage juste ma humble expérience de l’école allemande. Et n’empêche que mes petits bouts vont me manquer ! 

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P’tit bilan

A part ça… Mon école était géniale. Des collègues vraiment cool. Des élèves (presque) toujours sympas ! Surtout les plus petits, tellement motivés et mignons… Bref, mis à part le trajet Münster-Bottrop (et encore ! C’est aussi une expérience intéressante haha), c’était une paire de mois formidables et très intéressants, qui m’ont beaucoup apporté je pense. Même si je sais à présent que l’enseignement, non, jamais, pour moi, hors de question ! Mais c’était vraiment bien, et mercredi prochain, ça va être étrange de les quitter pour de bon, et de ne plus aller au travail, de ne plus voir mes petits sixièmes… Alors je vais profiter de ma liberté et de mon temps libre, ça c’est sûr haha, car ça libère quand même au moins 24h dans ma semaine, mais ça va quand même faire bizarre. Après huit mois à aller trois fois par semaine au Gymnasium, tout d’un coup plus rien… Enfin, c’est la vie !

Je ne regrette pas cette expérience et si vous avez envie d’aller faire un tour à l’étranger, foncez ! Evidemment, tout dépendra de votre affectation, de votre entente avec les autres profs, de votre environnement, mais il y a de fortes chances que ce soit génial ! Et vous pouvez même faire une deuxième année si ça vous plaît tant ! Je ne peux pas à cause de mes études, et puis j’avoue que le facteur Bottrop ne m’aurait pas incité à faire une deuxième année à Bottrop… Tout était bien, mais ce n’est vraiment pas une ville extraordinaire… Et tant qu’à faire j’aurais bien testé un autre coin en Allemagne ! Mais voilà, vraiment cool de faire un peu autre chose que ce qu’un parcours sciences po offre généralement. 

 

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mon quotidien avec la DB

Si vous n’avez jamais voyagé en Allemagne, vous vous demandez sûrement : Qu’est-ce que la DB ? La Deutsche Bahn. En gros, la SNCF française. En pire.

La communication à la DB ? ça n’existe pas.

La ponctualité ? Non plus. Tant que l’heure d’arrivée ne dépasse entre 6 et 16 minutes de retard, la DB se considère ponctuelle. Vous avez une correspondance ? Tant pis pour vous…

Que dire de mon expérience avec la DB ? Cela a commencé en 2016 lorsque j’ai commencé à aller à Berlin de temps à temps, ou que je rentrais chez moi par le Thalys que je devais prendre à Cologne. J’ai toujours prévu une marge d’une heure, car dans les pires cas, pas de Thalys… Je ne me souviens pas de trajets particulièrement affreux pour Berlin, mais les départs et les arrivées à l’heure n’existent pas.

BOTTROP

Depuis octobre 2017, je prends le train trois fois par semaine pour me rendre à Bottrop (magnifique ville de NRW, je vous conseille d’ailleurs d’aller voir leur superbe Tétraèdre). C’est-à-dire un aller-retour Münster-Bottrop trois fois par semaine, et autant vous dire que ce n’est pas la porte à côté. J’y ai été affecté comme assistante de langue dans un Gymnasium (et non, je n’ai pas choisi la ville, mais elle fait encore partie du Bezirksregierung de Münster, alors…). Pour se rendre à Bottrop, il y a trois possibilités :
1) Prendre le train jusqu’à Essen, puis changer et reprendre un train jusqu’à Bottrop.
2) Prendre le train jusqu’à Haltern am See, puis changer et reprendre un train jusqu’à Bottrop.
3) Prendre le train jusque Gelsenkirchen, puis changer et prendre un bus.

La première option est la plus sûre. Sauf en cas d’alerte à la bombe à Bottrop (et oui, c’est déjà arrivé), et il aurait fallu donc plutôt prendre le bus, mais la communication étant extraordinaire à la DB, impossible de le savoir à temps. Ensuite, si le train pour Essen est annulé (alors que vous êtes assis dedans depuis 20 minutes), alors vous pouvez tenter la deuxième option, ce qui rend le trajet Münster-Essen-Bottrop plus « sûr », car si ça ne marche pas, vous avez toujours un plan B.

La deuxième option est la plus rapide, mais la moins sûre. Imaginez arriver à Haltern am See, il fait froid, il est 8h du mat, le train que vous auriez pu continuer jusqu’à la prochaine GRANDE ville, et vous apprenez que le train pour Bottrop – que vous devez déjà attendre une demi-heure – est annulé. Et ce train ne passe que toutes les heures. Vous l’avez déjà fait deux-trois fois ce trajet avec soit une annulation, soit du retard. Donc à partir de ce moment-là, vous décidez de dormir moins longtemps et de prendre la première option.

La troisième option, vous ne l’utilisez jamais, car les retards sont trop fréquents et le risque de rater le bus trop important, et se retrouver coincé à Gelsenkirchen, c’est pas la meilleure option. Magnifique transition… Ah, Gelsenkirchen…

GELSENKIRCHEN

Imaginez maintenant, une tempête traverse la NRW. Evidemment, personne ne s’en préoccupe avant le matin même, donc comme tous les jeudis matins, vous vous rendez à l’école, parce que les trains circulent et personne ne vous a dit qu’il valait mieux rester chez soi, car personne n’a pensé que la tempête – Friederike en Allemagne – allait arriver si vite, et comme vous êtes honnête et travailleur, vous allez travailler. Vous arrivez à l’école, apprenez que beaucoup d’écoles viennent de fermer, la votre reste ouverte, mais les profs vous disent de plutôt rentrer, car sinon vous allez sûrement beaucoup galérer à rentrer à Münster, donc vous les écoutez, et vous reprenez le chemin du retour un peu avant 10h (sur le chemin du taff depuis 3h). Les trains à Bottrop pour Essen sont déjà annulés et ne circulent pas, alors vous prenez le bus pour Gelsenkirchen car sur l’application rien ne dit que votre train pour Münster ne partira pas. Vous arrivez là-bas et le train a quelques minutes de retard, mais rien de grave, comme d’habitude à vrai dire. Puis cinq minutes de retard, puis dix. Puis annulation du trafic total. Vous venez d’attendre 30 minutes parce que la DB a encore failli à communiquer. Là, vous rencontrez votre pote assistante et vous demandez quand est-ce que vous allez pouvoir rentrer. Les trains s’annulent les uns après les autres, mais bon, y a de l’espoir. Après 4h d’attente dans une gare glaciale sans agents compétents pour donner des informations, le trafic est annoncé ANNULE POUR LE RESTE DE LA JOURNEE. Heureusement que vous avez une amie qui a une voiture et accepte de venir vous chercher toutes les deux à Gelsenkirchen. 6h dans le froid, dans l’attente. Ceux que je plains le plus, ce sont les passagers de l’IC qui s’est arrêté à Gelsenkirchen et n’est pas reparti. Il est resté 5h avant qu’il laisse ses voyageurs enfin partir. 5H !!! Ne me dites pas qu’il pensait vraiment que le trafic allait reprendre. Encore une communication efficace. Conclusion : La tempête, personne n’y pouvait rien. Mais la communication est totalement absente. Et Gelsenkirchen est une gare très froide.

HANNOVER

Ensuite, imaginez que cette tempête a dévasté la NRW. Aucun train ne part et n’arrive plus à Münster, l’après-midi même vous devez aller à Berlin. Vous n’êtes pas allé travailler, car pas de train. Vous appelez vers 13H la Deutsche Bahn et leur demandez si votre direct pour Berlin partira, elle vous assure que oui. Vous arrivez à 16h à la gare, train prévu à 16h30, le trafic est à nouveau interrompu pour une durée indéterminée. Vous appelez votre amie à la rescousse et lui demandez de vous emmener à Rheine – une ville non loin d’où les trains partent encore. Comme c’est une fille géniale, elle le fait, malgré la pluie battante. Là, vous arrivez, vous avez raté le IC pour Berlin de 5 minutes. Vous faites la queue au centre d’information pour connaître la prochaine connexion. Vous arrivez devant l’agent de la DB, il vous regarde et vous dit « Ah, c’est dommage, vous venez de rater le train ». SANS BLAGUE ?! Finalement, il vous donne une autre possible connexion Rheine-Hannover-Berlin. Très bien. Il assure que ces trains ont roulé toute la journée et que ça ira. Dans le train pour Hannover, vous regardez de temps en temps si votre train est à l’heure : le précédent a une demi-heure de retard « Cool, vous pourrez peut-être l’avoir ! » et arriver à 22h au lieu de 23h ! Arrivé à Hannover, aucun train pour Berlin, tous ont du retard. Vous vous faites des copains de gare, vous discutez avec une Hollandais, un Allemand et un Marocain. Vous buvez un peu de bière ensemble. Il fait grave froid. Après 3h30 d’attente, le train pour Berlin de 20h30 avait 150 minutes de retard, le train de 21H30 100 minutes, et celui de 22H30 40 minutes. Il est 23h10. Et là le ICE de 21H30 entre en gare, vous partez vers 23h15. Vous devriez être à Berlin depuis 3h15. Evidemment, aucune information de la part de la DB, pas de justification, pas d’aide. Vous arrivez à 00h44. Près de 5h de retard. Le bon côté ? Tellement peu de gens ont réussi à atteindre leur destination depuis la NRW que le train du retour du dimanche soir pour Münster est pratiquement vide. Conclusion : A la gare de Hannover, il fait froid, les agents de la DB racontent n’importe quoi (on m’a affirmé que le train pour Berlin allait partir dans une dizaine de minutes alors qu’il était déjà annoncé en retard de 60 minutes).

Ce qui m’est encore arrivé de bien, faire demi-tour avec un train et mettre 5h au lieu de 2h pour rentrer à Münster alors que je venais déjà de Paris… Ou attendre 3h dans un train pour ensuite changer de train en pleine nuit à l’aide d’une mini-passerelle pas du tout rassurante sans savoir pourquoi… Ou le train pour rentrer à Münster a tellement de retard que même le train d’après déjà en retard arrive avant. Ou bien, je devais rentrer de Berlin aussi, mais il y a eu une tempête, alors il n’y avait pas de train, j’ai dû rentrer le lendemain, mais j’ai dû faire changement et mon train suivant a eu 30 minutes de retard SANS RAISON alors qu’il partait deux gares avant VRAIMENT PAS LOIN.

Le bon côté : On (re-)rencontre toujours des gens cool dans les gares. Et je fais marrer mes ami(e)s avec mes histoires. Même si un pote m’a dit – sans que j’ai eu besoin de lui raconter toutes mes péripéties – qu’il ne connaissait personne ayant autant de malchance avec les trains que moi.

2017

 

Janvier – Prelles/Berlin

 


 

Février – Lille/Reims

 


 

Mars – Lille

 


 

Avril – Berlin/Dublin

 


 

Mai – Reims/Münster

 


 

Juin – Münster

 


 

Juillet – Berlin

 


 

Août – Berlin

 


 

Septembre – Sur la route

 


 

Octobre – Paris/Haltern am See

 


 

Novembre – Vosges/Ausstellung in Oberhausen

 

 

Décembre – Reims/Vosges

 


 

hallo 2018

la fin

Mon vol pour Berlin a été annulé. Mon stage commence lundi, soit demain techniquement, mais tout va bien. J’ai substitué le train à l’avion. Il y avait un triathlon à Paris ce matin, j’ai dû continuer le chemin à pied. Je ne sais pas ce qui m’attend à Berlin, mais j’espère que tout ira bien !!

En fait, on dirait que cette année ne veut pas se finir. Mais quelle année improbable, c’est peut-être l’heure pour le Feedback. Je crois que je suis aussi triste qu’heureuse que ce soit fini.

 

Faut dire que ces dix mois n’ont pas manqué de rebondissements. Y a le côté positif avec les associations (les Végépalien-ne-s keurkeurkeur), les copains, l’Allemagne. Puis le négatif avec les rattrapages, le mémoire, la vie parfois. Puis maintenant, j’ai mon stage à Berlin au Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz, Bau und Reaktorsicherheit (le ministère de l’environnement allemand si vous voulez, je me la pète juste un peu). Et en même temps, j’crois que je suis à une période un peu charnière de ma vie où je me demande ce que je veux vraiment et où mes échecs remettent en question tous mes actes, toutes mes décisions. Mais bon, en même temps, on est jeunes et on a le droit de se tromper, de pas réussir du premier coup, d’avoir des doutes, des interrogations.

Bref, pour conclure, cette année fut difficile à commencer presqu’autant qu’elle fut triste à terminer. Parce que c’est la fin d’une autre époque. Tous les ans, c’est pareil. Tous les ans, je déménage. Tous les ans, je vis des trucs fous et riches. Et tous les ans, je dois repartir. C’est dommage qu’on se rende compte de tout ça seulement à la fin. Mais toutes les meilleures choses ont une fin. Et ce qui m’attend aujourd’hui promet d’être tout aussi cool, tout aussi riche. Et c’est ça, le plus important.

 

résolutions

Tout d’abord, bonne et heureuse nouvelle année à tous ceux qui me suivent et me lisent (aux autres aussi, bien sûr, sauf aux pro-FN) ! Je vous souhaite le meilleur (même si on s’était déjà tous souhaité ça l’année dernière, et puis l’année d’avant, et puis l’année encore d’avant, et c’était pas jojo… mais bon, on est plus forts que ça, on n’arrête pas de se le répéter), la santé, tout ça, tout ça quoi.

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Bref. Avez-vous des résolutions particulières pour 2017 ? Avez-vous des projets spéciaux ? Avez-vous de quoi faire de cette année une année hors du commun ? (Ou du moins, une année sympa.) Sûrement ! Au moins commencer à sauver la planète non ? On a tous des projets plein la tête, des envies de nouveauté, des bonnes résolutions. Je vais vous parler un peu de la manière dont je vois mon année.

La grande étape de cette année sera mon passage au véganisme. Un an après mon passage au végétarisme. Malgré les remarques, malgré les contraintes, malgré les mauvaises (ou bonnes parfois) blagues, enfin malgré tout, je souhaite devenir vegan, et ce ne sera pas facile, mais j’y arriverai. A Noël, j’ai reçu des livres sur la condition animale et la consommation animale (prochain article sur le livre que je lis en ce moment hihi) afin de parfaire mes arguments, de comprendre un peu plus ce qui se trame dans l’industrie de l’élevage, et puis pour ma culture perso bien sûr (je les avais demandés ces bouquins bien sûr, ma famille ne me pousse pas vraiment dans cette voie, sans pour autant s’y opposer !). Je voudrais aussi rappeler qu’il existe plusieurs types de vegans, comme il existe plusieurs courants au sein de la droite ou de la gauche, comme il existe plusieurs visions du monde, etc. Pour faire court et à titre non exhaustif, il y a les extrêmes et les modérés. Il y a ceux qui passeront leur temps à vous dire que ce que vous faites est mal et n’auront aucun problème à vous critiquer ou vous engueuler dès que vous essayerez de développer votre point de vue. Puis ceux qui vont discuter avec vous tranquillement, écouter vos points de vue, vous confier les leurs. Enfin voilà, ceci ne concerne pas seulement les vegans, les carnivores réagissent aussi de la même manière… Si je ne mange pas de viande, ce n’est pas parce que je n’ai pas le droit ou que je ne peux pas, je ne mange pas de viande car je ne veux pas, je n’ai pas envie et là est toute la différence. On ne me dicte pas ma conduite, c’est moi qui décide de ce que je veux faire ou pas. Bref j’ai hâte de pouvoir faire un article plus approfondi là-dessus !!

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moi essayant de vous convertir

Sinon, 2017 promet d’être une année intéressante, et je n’ai pas de résolutions particulières si ce n’est de vivre à fond ce qui va s’offrir à moi et de profiter de chaque instant, car plus le temps passe, plus les événements s’enchaînent et plus l’on se rend compte que l’on n’a pas le temps pour la tristesse, la colère et la méchanceté.

Je commence la semaine prochaine le semestre 2 de mon master de Développement Soutenable à l’IEP, il devrait être assez intéressant et je me réjouis (car le semestre 1, c’était pas la folie…). En mars j’aurai rendu mon Bachelorarbeit (en espérant le valider, résultats en mai!!) et la vie sera belle. Je finirai ma troisième année à Sciences Po avec le sourire, même si j’ai des rattrapages et même si je foire mon Grand O, car, c’est quoi dans une vie ? Je me rendrai à Berlin en juin pour y faire mon stage obligatoire, que demander de plus ? Bon, je ne ferai pas ce stage à Londres que l’on m’a pas proposé car premièrement, ils ne me répondent plus et l’envie m’est passée, et deuxièmement Londres c’est beaucoup trop cher, et troisièmement, je peux faire mon Interrail tant souhaité en septembre avec Mel avant de reprendre la belle vie à Münster en octobre (en étant peut-être assistante de français dans une école là-bas !! Réponse en mai également…). Bref, une jolie année s’annonce !! Une année sûrement pleine de surprises et de rebondissements. Et en tout cas, même si tous mes voeux ne se réalisent pas, j’ai déjà une trop belle vie pour me plaindre.

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amour, paix et légumes

pourquoi je pense à devenir vegan

Alors, bien que je n’aie bien sûr pas de date anniversaire précise datant le début de mon passage au végétarisme, cela fait environ six mois que je m’y suis mise. Soit six mois. Soit la moitié d’une année. Mince, que le temps passe vite, j’ai l’impression d’avoir pris cette décision hier. Peut-être parce que la viande ne me manque pas vraiment ? Peut-être parce que ce n’est pas si difficile finalement de bannir de son alimentation viande blanche, viande rouge, poissons et autres animaux ? Seulement… je me suis rendue compte également qu’il n’est pas si compliqué de retirer œufs, beurre et autres produits laitiers de ses repas quotidiens. Premièrement je ne cuisine jamais au beurre. Deuxièmement je ne mange presque plus d’œufs. Troisièmement je n’achète jamais de yaourts à base de lait de vache ou autre lait animal et ne bois plus non plus de lait animal. Je suis une grande fan du lait de soja à la vanille et les yaourts au soja n’ont plus de secrets pour moi. Vous n’imaginez pas non plus tout ce qu’on peut faire avec du soja et du seitan. Le tempeh… Une tuerie. Et quoi ? On ne peut pas faire de gâteaux sans œufs ? Foutaises. Et des crêpes non plus ? Mensonges. En fait, une alimentation exempte de produits animaux permet de découvrir tellement de choses qu’on n’aurait jamais pensé manger auparavant. Et je vous jure qu’un Döner avec du seitan cuisiné comme du kebab, c’est une tuerie (d’ailleurs voici une adresse à Berlin que je vous recommande fortement, leur Döner c’est le jeudi car Dönerstag, et mon Dieu, on se tuerait pour en manger un !). Bref. Le petit bilan de mon alimentation établi, nous allons passer à ce qui me pousse à devenir vegan et à ce qui me retient.

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Devenir vegan
Etre vegan est souvent considéré par les ignorants comme le mode de vie un peu décalé d’un hipster qui se la joue et veut montrer qu’il est différent des autres, ou bien est souvent assimilé aux marginaux. Comme si les vegans étaient fous et ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Et comme si c’était des extrémistes. Je veux dire. On respecte tout. Les croyants, les non-croyants, les politiques, les gauchistes, les écologistes, les Républicains, et même… Ah non, pas le Front National. Donc on respecte PRESQUE tout. Alors pourquoi pas les Vegans ? Je veux dire, ce n’est qu’une conviction parmi tant d’autres. Ce que je retiens de l’enseignement qui m’a été donné, c’est qu’il faut croire en ses convictions, respecter sa philosophie de vie, ses principes et respecter les autres. Soit, je n’approuve pas le fait de manger de la viande, mais cela veut-il dire que je ne respecte pas les gens qui le font en tant que personne ? Non. Donc, j’attends un juste retour des choses de la part des omnivores.
Si je pense à devenir vegan, c’est parce qu’en devenant végétarienne, j’ai commencé à m’intéresser de plus en plus à tout ce qui va avec le végétarisme. Et je ne cautionne pas la maltraitance des animaux. Ce sont des êtres vivants. « Do animals have less fear because they live without words? » Je ne pense pas.
Par ailleurs, l’une des raisons de mon végétarisme était également l’environnement. Réduire la souffrance de notre belle planète. Devenir vegan ne serait que l’accomplissement de mon engagement.
Donc comme tout vegan qui se respecterait, je le serais pour le bien-être des animaux et de notre planète Terre. Même si à moi seule, je ne peux pas changer grand-chose.
Alors je ne vous demande pas de devenir végétarien ou même vegan, je vous demande juste d’essayer de comprendre ce que cela implique et d’arrêter le scepticisme à deux balles. « Quoi ? Mais tu manges quoi ? Des légumes ? », « Mais c’est vraiment extrême quand même ! » Qui a dit que l’extrême était foncièrement mauvais ? (A part l’extrême-droite.) Est-ce que c’est mal de croire extrêmement en ses convictions ? Est-ce que c’est mal d’être extrêmement heureux ? Est-ce que c’est mal d’être extrêmement amoureux ? Est-ce que c’est mal de se sentir extrêmement concerné ? Est-ce que c’est mal de vivre certaines choses de manière extrême ? Non. Je ne crois pas. Voilà pourquoi je pense à passer le cap.

 

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Mais…
… c’est une étape difficile. Devenir vegan c’est contraignant. Et je ne parle pas de l’alimentation, car selon moi beaucoup de vegans affirmés, convaincus et du coup très renseignés, se nourrissent beaucoup mieux que des personnes omnivores, car les vegans (attention affirmés, convaincus et très renseignés qui savent dans quoi ils se lancent, pas des vegans de pacotille) font beaucoup plus attention à ce qu’ils mangent, à leurs apports en protéines, vitamines, à tout ce qu’on trouve ordinairement dans les produits animaux. Ce qui fait que leur mode d’alimentation est souvent beaucoup plus sain selon moi et mon observation (à une échelle microscopique) de la société.
Non, devenir vegan c’est contraignant.
Car manger dehors est plus difficile. Surtout en France si on ne veut pas se retrouver avec une salade César sans poulet, donc une salade tout court.
Car tu imposes quand même ça à ta famille et même si tu veux qu’ils comprennent, ce n’est pas facile, mais heureusement petit vegan tu sais souvent cuisiner un peu de base et t’y mets encore plus et te sens prêt à leur faire la cuisine.
Car le scepticisme et les moues sont choses courantes. Et que si tu dis que tu as fait un gâteau au chocolat, tout le monde trouve ça délicieux. Si tu rajoutes que c’est vegan, petite grimace et « mais pourquoi ? ». Exemple typique.
Car on se met un peu en marge de la société, surtout en France (oh Deutschland, tellement triste de te quitter dans trois semaines…) et que ce n’est pas forcément toujours facile.

 

et en plus, y a plein de stickers cool pour affirmer sa veganattitude hihi

et en plus, y a plein de stickers cool pour affirmer sa veganattitude hihi

Ce n’est donc pour l’instant qu’en réflexion, mais je penche fortement vers le véganisme. (Ok peut-être que vivre en Allemagne et avoir un copain vegan m’a fortement influencée… Mais peu importe, cela reste mes convictions. Je sais me forger mes propres opinions.)

Les commentaires sont les bienvenus, mais comme pour tout sujet, ce qui n’est pas constructif, n’a aucun intérêt.

billet d’humeur

Je me souviens encore de mon arrivée à Münster. Ce moment où je me suis assise sur mon lit parcourant ma chambre du regard. Mon père venait de partir et de me laisser là. Dans cette nouvelle vie. Au milieu de mes cartons. Au début, ce n’était pas facile il faut l’avouer. Et maintenant je voudrais qu’on me ramène à ce moment, il y a plus de huit mois. Je veux que tout recommence. L’été arrive et avec lui, la fin de mon année en Allemagne. A peine un peu plus d’un mois me reste-t-il ici. Je savais déjà que j’avais une prédisposition pour l’Allemagne en arrivant en NRW, en passant le concours de Sciences Po Lille/WWU Münster. Et maintenant je sais que ma vie est en grande partie ici, que je me sens bien et chez moi dans ce pays qui pourtant n’est pas le mien. Lille, j’aimais Lille. Mais ce n’est pas pareil. Ici, j’ai l’impression d’avoir vraiment commencé à vivre ma vie, à devenir une vraie adulte. À vivre tout court. Profiter de chaque instant. Les retours en France sont d’autant plus délicieux qu’on les savoure beaucoup plus qu’un aller/retour Reims/Lille qui en soi n’a rien d’extraordinaire. Quitter Münster ne sera pas facile. Quitter l’Allemagne le sera d’autant moins. Heureusement ce n’est que pour un an. Heureusement on revient.

quand je pense au retour en France

quand je pense au retour en France

P.S.: La photo à la Une date d’un de mes week-ends à Berlin.