pourquoi je pense à devenir vegan

Alors, bien que je n’aie bien sûr pas de date anniversaire précise datant le début de mon passage au végétarisme, cela fait environ six mois que je m’y suis mise. Soit six mois. Soit la moitié d’une année. Mince, que le temps passe vite, j’ai l’impression d’avoir pris cette décision hier. Peut-être parce que la viande ne me manque pas vraiment ? Peut-être parce que ce n’est pas si difficile finalement de bannir de son alimentation viande blanche, viande rouge, poissons et autres animaux ? Seulement… je me suis rendue compte également qu’il n’est pas si compliqué de retirer œufs, beurre et autres produits laitiers de ses repas quotidiens. Premièrement je ne cuisine jamais au beurre. Deuxièmement je ne mange presque plus d’œufs. Troisièmement je n’achète jamais de yaourts à base de lait de vache ou autre lait animal et ne bois plus non plus de lait animal. Je suis une grande fan du lait de soja à la vanille et les yaourts au soja n’ont plus de secrets pour moi. Vous n’imaginez pas non plus tout ce qu’on peut faire avec du soja et du seitan. Le tempeh… Une tuerie. Et quoi ? On ne peut pas faire de gâteaux sans œufs ? Foutaises. Et des crêpes non plus ? Mensonges. En fait, une alimentation exempte de produits animaux permet de découvrir tellement de choses qu’on n’aurait jamais pensé manger auparavant. Et je vous jure qu’un Döner avec du seitan cuisiné comme du kebab, c’est une tuerie (d’ailleurs voici une adresse à Berlin que je vous recommande fortement, leur Döner c’est le jeudi car Dönerstag, et mon Dieu, on se tuerait pour en manger un !). Bref. Le petit bilan de mon alimentation établi, nous allons passer à ce qui me pousse à devenir vegan et à ce qui me retient.

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Devenir vegan
Etre vegan est souvent considéré par les ignorants comme le mode de vie un peu décalé d’un hipster qui se la joue et veut montrer qu’il est différent des autres, ou bien est souvent assimilé aux marginaux. Comme si les vegans étaient fous et ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Et comme si c’était des extrémistes. Je veux dire. On respecte tout. Les croyants, les non-croyants, les politiques, les gauchistes, les écologistes, les Républicains, et même… Ah non, pas le Front National. Donc on respecte PRESQUE tout. Alors pourquoi pas les Vegans ? Je veux dire, ce n’est qu’une conviction parmi tant d’autres. Ce que je retiens de l’enseignement qui m’a été donné, c’est qu’il faut croire en ses convictions, respecter sa philosophie de vie, ses principes et respecter les autres. Soit, je n’approuve pas le fait de manger de la viande, mais cela veut-il dire que je ne respecte pas les gens qui le font en tant que personne ? Non. Donc, j’attends un juste retour des choses de la part des omnivores.
Si je pense à devenir vegan, c’est parce qu’en devenant végétarienne, j’ai commencé à m’intéresser de plus en plus à tout ce qui va avec le végétarisme. Et je ne cautionne pas la maltraitance des animaux. Ce sont des êtres vivants. « Do animals have less fear because they live without words? » Je ne pense pas.
Par ailleurs, l’une des raisons de mon végétarisme était également l’environnement. Réduire la souffrance de notre belle planète. Devenir vegan ne serait que l’accomplissement de mon engagement.
Donc comme tout vegan qui se respecterait, je le serais pour le bien-être des animaux et de notre planète Terre. Même si à moi seule, je ne peux pas changer grand-chose.
Alors je ne vous demande pas de devenir végétarien ou même vegan, je vous demande juste d’essayer de comprendre ce que cela implique et d’arrêter le scepticisme à deux balles. « Quoi ? Mais tu manges quoi ? Des légumes ? », « Mais c’est vraiment extrême quand même ! » Qui a dit que l’extrême était foncièrement mauvais ? (A part l’extrême-droite.) Est-ce que c’est mal de croire extrêmement en ses convictions ? Est-ce que c’est mal d’être extrêmement heureux ? Est-ce que c’est mal d’être extrêmement amoureux ? Est-ce que c’est mal de se sentir extrêmement concerné ? Est-ce que c’est mal de vivre certaines choses de manière extrême ? Non. Je ne crois pas. Voilà pourquoi je pense à passer le cap.

 

article wordpress

 

Mais…
… c’est une étape difficile. Devenir vegan c’est contraignant. Et je ne parle pas de l’alimentation, car selon moi beaucoup de vegans affirmés, convaincus et du coup très renseignés, se nourrissent beaucoup mieux que des personnes omnivores, car les vegans (attention affirmés, convaincus et très renseignés qui savent dans quoi ils se lancent, pas des vegans de pacotille) font beaucoup plus attention à ce qu’ils mangent, à leurs apports en protéines, vitamines, à tout ce qu’on trouve ordinairement dans les produits animaux. Ce qui fait que leur mode d’alimentation est souvent beaucoup plus sain selon moi et mon observation (à une échelle microscopique) de la société.
Non, devenir vegan c’est contraignant.
Car manger dehors est plus difficile. Surtout en France si on ne veut pas se retrouver avec une salade César sans poulet, donc une salade tout court.
Car tu imposes quand même ça à ta famille et même si tu veux qu’ils comprennent, ce n’est pas facile, mais heureusement petit vegan tu sais souvent cuisiner un peu de base et t’y mets encore plus et te sens prêt à leur faire la cuisine.
Car le scepticisme et les moues sont choses courantes. Et que si tu dis que tu as fait un gâteau au chocolat, tout le monde trouve ça délicieux. Si tu rajoutes que c’est vegan, petite grimace et « mais pourquoi ? ». Exemple typique.
Car on se met un peu en marge de la société, surtout en France (oh Deutschland, tellement triste de te quitter dans trois semaines…) et que ce n’est pas forcément toujours facile.

 

et en plus, y a plein de stickers cool pour affirmer sa veganattitude hihi

et en plus, y a plein de stickers cool pour affirmer sa veganattitude hihi

Ce n’est donc pour l’instant qu’en réflexion, mais je penche fortement vers le véganisme. (Ok peut-être que vivre en Allemagne et avoir un copain vegan m’a fortement influencée… Mais peu importe, cela reste mes convictions. Je sais me forger mes propres opinions.)

Les commentaires sont les bienvenus, mais comme pour tout sujet, ce qui n’est pas constructif, n’a aucun intérêt.

billet d’humeur

Je me souviens encore de mon arrivée à Münster. Ce moment où je me suis assise sur mon lit parcourant ma chambre du regard. Mon père venait de partir et de me laisser là. Dans cette nouvelle vie. Au milieu de mes cartons. Au début, ce n’était pas facile il faut l’avouer. Et maintenant je voudrais qu’on me ramène à ce moment, il y a plus de huit mois. Je veux que tout recommence. L’été arrive et avec lui, la fin de mon année en Allemagne. A peine un peu plus d’un mois me reste-t-il ici. Je savais déjà que j’avais une prédisposition pour l’Allemagne en arrivant en NRW, en passant le concours de Sciences Po Lille/WWU Münster. Et maintenant je sais que ma vie est en grande partie ici, que je me sens bien et chez moi dans ce pays qui pourtant n’est pas le mien. Lille, j’aimais Lille. Mais ce n’est pas pareil. Ici, j’ai l’impression d’avoir vraiment commencé à vivre ma vie, à devenir une vraie adulte. À vivre tout court. Profiter de chaque instant. Les retours en France sont d’autant plus délicieux qu’on les savoure beaucoup plus qu’un aller/retour Reims/Lille qui en soi n’a rien d’extraordinaire. Quitter Münster ne sera pas facile. Quitter l’Allemagne le sera d’autant moins. Heureusement ce n’est que pour un an. Heureusement on revient.

quand je pense au retour en France

quand je pense au retour en France

P.S.: La photo à la Une date d’un de mes week-ends à Berlin.

ne plus manger de viande, est-ce possible?

Milan Kundera écrivait : « Il n’y a aucun mérite à bien se conduire avec ses semblables.(…) On ne pourra jamais déterminer avec certitude dans quelle mesure nos relations avec autrui sont le résultat de nos sentiments, de notre bienveillance ou haine, et dans quelle mesure elles sont d’avance conditionnées par les rapports de force entre individus. La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont les relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c’est ici que s’est produite la faillite fondamentale de l’homme, si fondamentale que toutes les autres en découlent. »
L’insoutenable légèreté de l’être, 1984

Cela va faire un mois que j’ai décidé de devenir totalement végétarienne. Avant je me contentais d’un mode de vie flexitarien, mangeant de la viande quand je sortais ou durant les repas de famille. Mais vivre en Allemagne, cela vous change, oui oui. Je crois qu’on ne compte plus les Français de retour au pays devenus végétariens qui se désolent du manque de propositions alimentaires pour les végétariens au restau U par exemple ou dans les restaurants qui restent traditionnels, et à moins de prendre une petite salade (et encore…), il est difficile de trouver un plat végétarien sur une carte. Même si c’est une chose qui tend à changer.

Mais pourquoi le végétarisme ? Depuis longtemps circulent sur internet ces vidéos affreuses d’abattage d’animaux, avec violence, en masse, de manière répugnante. Déjà, une première prise de conscience. Mais, me diriez-vous, pourquoi ne pas simplement manger moins souvent de viande et faire attention aux labels qui prouvent l’élevage correct de l’animal et la qualité. Car oui, la viande industrielle non merci… Et bien, oui c’est déjà un premier pas. Mais en ce qui me concerne j’ai décidé d’aller plus loin. Pour des raisons éthiques et des raisons environnementales. Si vous ne le saviez pas déjà, l’environnement, c’est un de mes sujets de prédilection (ok, pas vraiment sur ce blog encore). J’ai été élevée par des parents aux tendances écolos qui ont d’ailleurs deux magasins bios. J’ai toujours mangé des trucs étranges comme le seitan ou les croc tofu (google it), bu du lait de riz ou de soja au petit déjeuner et mangé des fruits de saison. J’ai une grand-mère très portée sur l’écologie également avec des autocollants en tous genres collés sur sa voiture pour protester contre le nucléaire ou autre. On n’a jamais non plus été des gros mangeurs de viande dans la famille. Donc mon environnement de départ était assez propice à ma transition végétarienne. Et mon arrivée en Allemagne a clairement rendu cette transition inévitable. J’avais déjà rencontré quelques étudiants de l’année supérieure de mon cursus qui avaient raconté qu’ici, devenir végétarien, c’est tellement simple que, quand ils sont revenus à Lille, c’était fini, le végétarisme s’était emparé d’eux ! Et puis on rencontre pas mal de gens végé ou vegan, du coup, on réfléchit, on se pose des questions, on se renseigne, on lit pas mal d’articles sur le sujet, et on décide de sauter le pas. Parce que ça paraît évident. Certains diront que c’est de l’extrémisme et très radical (clin d’oeil à ma marraine que j’adore quand même). D’autres accepteront tout de suite mais sans vraiment trop comprendre. Et encore d’autres trouveront ça génial. Bref, les avis sont variés. Mon père a trouvé un nouveau sujet de blagues et ma mère m’a acheté de la Spiruline. Et voilà, presque un mois que je n’ai pas touché un morceau de viande (j’ai même fait une raclette sans viande…), et je peux vous dire que je le vis très très bien.

Après il y a l’étape supérieure, devenir vegan, supprimer tous les produits laitiers ou provenant des animaux. Alors, je ne dis pas que je ne franchirai jamais le pas (et oh je vois déjà les gros yeux de ma famille et de certains de mes amis haha), mais pour l’instant je ne suis pas prête à renoncer aux oeufs (oui j’aime quand même mes omelettes ratées) et à nos bons fromages accompagnés de leur petit verre de vin ! Mais entre le végétarisme et le véganisme, il n’y a qu’un pas. Sachez-le.

Voilà voilà, vous savez tout ! Et ici 400 raisons de devenir végétarien « pour sauver des vies et la planète ».

Et puis bon, Darwin, Edison, Huxley, Kafka, von Humboldt, Platon, Sand, Voltaire, Einstein, Socrate, et j’en passe, étaient eux aussi végétariens… Alors pourquoi pas vous ?

P.S.: Pourquoi vous mangez du poulet alors que pour rien au monde vous ne voudriez qu’on tue votre chat ?

le quotidien banal d’une étudiante

On part faire ses études. Loin. A l’étranger. On n’attendait que ça. Et puis on y est. Au début, on a un peu le blues. C’est plus pareil pour rentrer chez soi, c’est plus le même pays, c’est plus chez nous, c’est encore un nouveau lieu auquel on doit s’habituer. Puis ça passe. Assez vite. On prend ses nouvelles marques. On décore sa nouvelle chambre avec des photos, des posters, des cartes postales. On arrange le lieu un peu comme on veut. On repère son petit magasin (bio dans mon cas) où on fera ses courses régulièrement, telle une habituée. On prend ses aises. On a son bol préféré dans le placard. Et on a enfin trouvé comment fonctionnait l’éplucheur à légumes (étrange et en aucun point semblable aux éplucheurs à légume dont on avait l’habitude chez nous). On a sa place dans le frigo et son étagère de bouffe. On commence à avoir sa petite routine. Le mardi on mange avec les copines. Le jeudi on va à la boxe. Le week-end on s’occupe en allant à Cologne, ou bien Berlin ou au cinéma ou peut-être voir une expo. On va courir deux ou trois fois par semaine autour de l’Aasee, entre canards et paysages champêtres. On dit bonjour aux voisins quand on les croise. On reçoit NEON, son magazine préféré. On s’amuse de certaines habitudes allemandes (pendant qu’eux doivent s’amuser de certaines manies françaises). On discute de temps en temps avec sa coloc en faisant la cuisine. On a sa vie, quoi. Parfois quelques coups de mou. Quand on sait qu’il y a repas de famille là-bas chez nous et que de notre côté on est seule dans notre appart un samedi soir. Quand on voit des photos de sa soeur et qu’on a envie de passer du temps avec elle. Quand on tombe sur des publications partagées par sa mère ou son père et qu’on aimerait bien parler de ce sujet avec eux. Quand on aimerait juste dîner un soir à la maison et écouter les blagues pas drôles de Papa et s’amuser de voir Maman tomber dans le panneau une fois sur deux et s’exaspérer d’avoir une ado (bien comme il faut) comme soeur (bien que c’est le cycle de la vie et qu’il faut bien en passer par là). Mais c’est juste des petits coups de mou, rapides, brefs, ils passent vite. Et puis… vient le week-end tant attendu où on rentre à la maison, enfin presque, en France. On a trouvé un moyen assez facile et bon marché de rentrer, c’est deux semaines avant Noël, une petite coupure, un moment qu’on attendait puissance mille. Et le week-end se passe. On est trop heureuse, on est en famille, on voit sa grand-mère chez qui les retrouvailles se passent, ses cousins, leurs parents, nos parents, notre petite soeur. Presque tout le monde, quoi. Les gens importants pour nous, en fait. Donc on profite, mais le temps passe vite. On est déjà dimanche soir. Tout le monde rentre chez soi. Nous, on rentre que le lendemain matin très tôt en covoiturage. On a un peu le cafard, toujours l’impression qu’on s’est pas tout dit, qu’on aurait eu encore plein de choses à partager, mais c’est trop tard. On passe une dernière soirée avec notre grand-mère. Après des résultats d’élections pitoyables, désespérants et angoissants, on regarde une petite comédie pour oublier un peu. Et c’est déjà lundi, il faut repartir, le trajet du retour est long et déprimant. La journée sera longue et déprimante. Pour la peine, à midi on a mangé ses sandwichs, mais aussi quelques gâteaux, des céréales et du chocolat parce qu’il faut bien se remonter le moral et puis tant pis pour la ligne. On reprend peu à peu le rythme, on est allée faire les courses au magasin bio. On a rangé sa chambre. Fignolé quelques demandes de stage. Demain, cela reprendra pour de bon. Normalement. La routine étudiante. Bientôt Noël. Le coup de blues passera dans la nuit.

moi quand je rentre à Münster après un super week-end

moi quand je rentre à Münster après un super week-end

Morale de l’histoire : on est toujours heureux de devenir étudiant, (presque) indépendant, mais finalement c’est pas toujours si facile.

fac française ou uni allemande ?

 

Comment raconter le début de ma vie universitaire allemande ?

 

 

Et bien, c’est simple. Tout d’abord, cela n’a strictement rien à voir avec la vie universitaire française. Enfin, je ne peux pas vraiment parler de manière générale, donc je dirai plutôt que cela n’a rien à voir avec la vie universitaire à Sciences Po Lille. Pourquoi ? Parce que c’est tellement différent.

Première différence ?
Le nombre d’heures de cours. Sur mon emploi du temps, sur le site de la fac, chaque cours dure 2h. En réalité, c’est 1h30, ce qui a réduit mon emploi du temps d’un quart. Et les profs n’essayent pas de grapiller quelques minutes par-ci par-là, le cours est fini, ils arrêtent, parfois même avant l’heure officielle. Et je suis en week-end le jeudi à 10h. Mes week-ends sont aussi longs que mes semaines de cours.

Deuxième différence ?
Le caractère obligatoire des cours. Non, aucun cours n’est obligatoire (à part les cours de langue pour la bonne et simple raison que quelqu’un qui ne vient pas en cours de langue ne peut pas prétendre avoir appris la langue puisqu’une langue se parle, donc dans ce cas-là il y a une obligation de se présenter au cours). Les profs estiment que nous sommes assez grands pour venir ou non, si on ne se présente pas, on n’aura qu’à rattraper le cours via un camarade, et si on ne se présente pas le jour où on doit faire un exposé ou autre, c’est à nos risques et périls. Le maître mot : la débrouillardise. Tu viens, tu viens pas, c’est ton choix. Tu valides, tu valides pas, c’est ta faute. Soit parce que tu n’es pas venu et n’as pas rattrapé, soit parce que tu n’as pas pris la peine de venir la seule fois où tu avais une présentation à faire. Mais s’il n’y a rien à présenter et seulement des devoirs écrits à rendre, tant que tu les rends en temps et en heure, qu’est-ce que cela peut faire au prof que tu sois présent ou non ? Rien. Bref, on se sent plus adultes et responsables. Et on n’est plus enclin selon moi à venir en cours sans ce caractère obligatoire qui met pression et qui du coup fait que tu ne viens pas forcément pour apprécier le cours, mais seulement parce que tu y es obligé donc tu te forces et finalement t’es juste là assis, mais t’écoutes pas, parce que tu te sens frustré et que t’as pas envie d’être là, et ça ne sert à rien.

Troisième différence ?
Tes camarades de cours. Age, cursus, etc. Surtout dans les cours électifs. En cours de biopolitik par exemple, il y a nous, les doubles-cursus en deuxième année, il y a aussi d’autres premières années en politique il me semble, et puis aussi des gens en master. Ensuite, on étudie tous quelque chose en rapport avec la politique mais jamais exactement la même chose. Certains font de la politique et du français, d’autres de la politique et de la germanistique, d’autres encore plus largement les sciences sociales, d’autres de l’économie aussi, d’autres du droit. Tout le monde fait des trucs différents, c’est super intéressant. Dans mon cours de biopo, je suis sûre et certaine qu’il y a un mec qui a au moins 30 ans et qui ça se trouve a le même âge que le prof, voire est plus âgé car le prof est pas très vieux non plus.

Quatrième différence ?
Le travail perso. En fait, on se dit, bon, on n’a pas beaucoup de cours, mais du coup ça va être beaucoup de travail perso à côté. Ben en fait pas tant que ça, car étant en week-end le jeudi à partir de 10h, j’ai tout le temps de bosser les cours. Et tout ce que j’ai à faire, c’est lire des textes pour chaque cours, c’est vrai qu’ils sont plus ou moins longs et qu’ils sont en allemand, donc c’est du travail, mais j’ai pratiquement quatre jours pour faire ça. J’ai aussi quelques exposés, et j’aurais des partiels à la fin du semestre et des devoirs écrits à rendre en mars. Mais j’ai le max de temps pour le préparer, et je trouve ça pour l’instant beaucoup moins stressant qu’à Sciences Po où on était tout le temps speed (même si c’est vrai que j’ai eu que deux semaines de cours pour l’instant, mais comme je suis organisée, même pour les devoirs écrits à rendre en mars, ça va le faire, car du coup on a tout le semestre pour les préparer). Bref travail perso oui, mais développement perso semble aussi plus important ici dans la mesure où du coup on a du temps pour s’engager dans une association, se trouver un job ou encore se rendre à des expos ou visiter des musées aux quatre coins de la région grâce à notre Semesterticket qui nous permet de prendre le train gratuitement dans toute la région. Ce qui nous amène à la cinquième différence.

Cinquième différence ?
Le traitement des étudiants. L’Allemagne, en tout cas en Nordrhein-Westfalen, montre beaucoup de soutien envers les étudiants. Un semestre ici m’a coûté 238€. Dans ces 238€ est donc comprise l’inscription à la fac. Mais à cette inscription se rajoute le Semesterticket qui ne permet pas seulement de prendre le train gratuitement dans toute la région (sauf les trains rapides, mais c’est déjà énorme), mais aussi d’utiliser tous les transports en commun de la région avec possibilité d’avoir un vélo avec soi et d’être accompagné d’une autre personne les soirées du vendredi, samedi, dimanche et des jours fériés. Sans payer le moindre frais supplémentaire. Comparaison avec Sciences Po : je paye le prix fort avec les droits d’inscription modulés car mes parents sont considérés comme riches alors que pour l’instant, ce n’est que de la richesse fictive dirons-nous, et les seuls avantages sont l’agenda gratuit aux couleurs de l’IEP et les copies et photocopies gratuites illimitées. Et pour faire une comparaison plus générale avec le système universitaire français, les abonnements aux transports en commun ne sont pas offerts. Bien sûr, les boursiers ont des avantages, mais seulement eux. Et même une amie boursière qui pouvait rentrer chez elle avec le TER sans frais ne pouvait que prendre ce même trajet (fac/son domicile). Alors que là nous pouvons aller absolument partout en Nordrhein-Westfalen. Et les étudiants sont bien plus responsabilisés en université allemande qu’en France, dans la mesure où ils décident eux-mêmes ou non d’aller en cours et en subissent les conséquences ou non sans avoir la pression de l’administration. Cela peut être un désavantage, mais cela permet aux étudiants de vraiment se prendre en main, eux-mêmes, de choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent faire de leur vie ou non.

Sixième différence ?
Le cursus universitaire. Il n’y a pas de grandes écoles en Allemagne comme on l’entend en France. Ni de classes préparatoires. Il y a différentes universités avec différents types de cursus. Certaines sont bien sûr plus renommées que d’autres, plus prisées. Mais cela reste l’université. Il n’y a pas d’ENS ou d’ENA ou d’INSA ou encore de HEC. Et il existe la possibilité de pouvoir, quel que soit notre âge, notre niveau d’études déjà atteint, commencer un nouveau cursus. Exemple : Sciences Po Paris ne peut être tenté que directement après le bac. Pas possible de commencer en bac + 1, on doit ensuite attendre le Master. Sciences Po Lille présente un peu le même système, comme les autres IEPs. Il est possible d’y entrer directement après le bac ou en bac + 1, mais au delà, il faut attendre le master. Du coup, il n’est pas non plus possible de faire une année sabbatique ou de service civique entre le début de ses études et l’obtention du baccalauréat. En Allemagne, c’est tout autre, il suffit de regarder les Allemands de mon cursus Sciences Po qui sont donc entrés par la voie allemande, la voie de l’université allemande. Certains sont plus âgés, la plus vieille a déjà eu 22 ans cette année il me semble. Alors que je n’en ai que 19. Rentrer à Sciences Po en première année à 22 ans du côté français n’aurait pas été possible. Certains ont fait une année de service civique ou autre. Dans certains des cours on voit aussi bien que certaines personnes, bien qu’elles commencent à étudier la science politique et en sont donc à leur premier semestre, sont plus vieilles que moi qui pourtant en suis déjà à mon troisième semestre.

Bref, voilà, l’organisation, le rapport aux élèves, aux études, le travail demandé, l’accessibilité aux différents cursus, etc, sont autant de différences qui nous permettent de mettre en parallèle le système universitaire français et le système universitaire allemand. La notion d’élite est beaucoup moins explicite à la fac allemande, beaucoup moins visible. Et encore, il y a bien d’autres différences qui se laissent percevoir, je ne vous ai citées que celles que j’ai pour l’instant le plus remarquées pour vous donner un petit aperçu de la culture allemande du point de vue de la formation. Après je ne connais pas vraiment le système à la fac pure en France, je ne connais que le système Sciences Po et ce qui tourne autour des grandes écoles. Mais il me semble que du coup la fac est un peu dévalorisée en France, en tout cas dévaluée, alors qu’elle propose des cursus toujours plus intéressants. Il me semble aussi qu’on ne met pas assez de moyens dans l’éducation en France par rapport à l’Allemagne. Les étudiants en Allemagne ont énormément de possibilités MAIS AUSSI les moyens qui vont avec, là est la différence. Après je ne pourrais cependant pas dire quel système est le mieux, il y a sûrement du bon à prendre dans les deux, mais cela peut donner à réfléchir. Est-ce que les Allemands réussissent moins bien que nous ? Non. Donc il doit bien y avoir un juste milieu, un système idéal. (Ou je suis trop idéaliste, c’est une possibilité.) Être à Münster me permet vraiment d’expérimenter deux types de formation, d’apprentissage, deux manières différentes d’apprendre et d’enseigner, et c’est vraiment bien de pouvoir avoir les deux points de vue.

H-10

Après trois mois de vacances, deux jobs d’été, du glandage à la maison, presque trois semaines à Münster, une semaine d’orientation, une tournée des bars avec des gens qui étudient la sociologie, une soirée d’intégration très réussie, un vendredi déprimant à cause de la fatigue, de la gueule de bois et du mauvais temps, un week-end reposant entre séries, thés et nourriture healthy pour remettre son foie des petits excès alcoolisées, la rentrée est enfin là. Elle est enfin là pendant que la plupart d’entre vous commencent leurs vacances ou les attendent impatiemment pour le week-end prochain. Elle est enfin là après ces longs jours de vacances qui ont déconnecté mon cerveau des études. Un peu comme si j’avais végété intellectuellement. Même si j’ai eu le temps de lire plein de romans pour le plaisir, de feuilleter des magazines, de regarder des séries comme bon me semble, d’enchaîner les épisodes si ça me plaît, de faire la fête parfois, de me remettre tranquillement sans me dire « oh j’ai un exposé pour mardi prochain », ou je ne sais quoi d’autre. Mais là, les études vont reprendre et j’avoue avoir un peu hâte, je l’ai sûrement déjà dit, mais voilà, les vacances c’est bien mais tout a une fin. BREF DEMAIN 10H, le semestre commence.

J’ai visité Düsseldorf et Dortmund lundi dernier. Dortmund, c’est très moche. Vraiment, c’est connu seulement grâce au foot je crois. Mais ils ont des tonnes de magasin #bonplanshopping. Düsseldorf, c’est un peu mieux, mais bon toujours pas le top non plus. Après on avait pas trop de temps alors on n’avait pas préparé ces visites, mais il y a sûrement des trucs plus intéressants à voir dans ces coins-là comme des expos ou des musées ou que sais-je d’autre.

Schöne und hoffnungsvolle Kolorierungen in Dortmund

Schöne und hoffnungsvolle Kolorierungen in Dortmund

Bref, court article pour vous annoncer ma rentrée. Je commence demain avec un TD de « Méthodes » (je ne sais plus exactement ce qu’on fait… Logiquement c’est de la méthode, mais quoi exactement, j’ai oublié ce qu’on nous avait dit je crois…), un cours de communication (et oui, je suis contente de pouvoir en faire !), et théories de la modernité (ce qui a l’air assez intéressant…) ! Voilà, j’ai donc hâte de voir ce que cela va donner, si les profs sont intéressants, et tout le toutim quoi.

Bisous, love et chou rouge

se replonger dans le monde allemand

Voilà une dizaine de jours que je suis arrivée maintenant. Nous sommes d’ailleurs plus proches de la quinzaine que de la dizaine. Je commence à me réhabituer progressivement à vivre dans un monde qui ne parle pas ma langue quotidiennement et qui a d’autres habitudes. Réhabituer, car je l’avais déjà fait en seconde quand je suis partie six mois en Allemagne dans le cadre du programme Voltaire. Petit à petit je (re)trouve des marques, des repères, je m’habitue à certaines choses comme le fait que la plupart des Allemands sont très sages et ne traversent pas au feu rouge, jamais, ou comme le fait qu’il y a des feux juste pour les vélos même si en vérité, ils sont synchros avec ceux des piétons, qu’il y a des pistes cyclables partout et qu’on circule comme les voitures du côté droit. Je m’habitue aussi progressivement au climat. Nous avons des jours de beaux temps, et ils sont d’ailleurs revenus, mais qui sait pour combien de temps… Mais également des jours de mauvais temps. Une sorte de bruine, de crachin continu, ce qui n’est pas vraiment agréable, mais bon, cela fait partie des caractéristiques météorologiques de cette chère ville il paraît. Je m’habitue également à parler allemand à nouveau, à essayer de penser et de réfléchir en allemand, pour ne plus chercher les mots trop longtemps. Au début, je me disais que ce serait un peu difficile de se remettre dans le bain comme ça, mais en fait, cela est plutôt simple, car je m’aperçois que mon niveau d’allemand me permet de me faire comprendre et de comprendre une conversation. Et puis lorsque plusieurs personnes te disent que tu parles quand même bien allemand (parce qu’ils ont l’habitude des étudiants étrangers, mais habituellement ce sont des Erasmus qui savent à peine aligner deux mots en arrivant, du coup ils sont agréablement surpris), cela te met en confiance, et finalement, tu te dis « c’est plus facile de se débrouiller que ce que je pensais ». Le quotidien ne me fait donc pas peur, je sais que je peux me faire comprendre facilement et que je peux m’intégrer dans une conversation sans trop de difficultés. Ce que je redoute maintenant, ce sont les cours, avec leur vocabulaire spécifique, le débit de paroles plus ou moins rapide selon les professeurs, donc ma capacité à suivre. Je pense que c’est ce qui va être le plus dur au début, car la vie allemande en soi elle n’est pas compliquée et même plutôt cool et on y prend goût assez vite.

Par ailleurs, j’ai commencé à revoir des amis, des gens de ma promo, on a fait quelques trucs ensemble avec Mélanie et d’autres filles cette semaine. On a fait les tests de langue pour pouvoir intégrer les cours d’anglais et/ou espagnol ensemble, on est allées au Wochenmarkt (le marché) à la Domplatz mercredi matin. Marché qui soit dit en passant est vraiment cool, plutôt grand, pas mal de stands bios (même en fromage et pain, et je me trouve toujours heureuse en voyant du bio, même si je n’achète ni de pain ni de fromage pour moi toute seule), bref j’y retournerai sûrement souvent ! Il y a lieu chaque mercredi et samedi matin. On a aussi pris un apéro chez Line et Marie pour fêter leur arrivée. Et participé à la crémaillère de Jules, Matthias et Emil hier soir, je suis d’ailleurs crevée, et pourtant je ne suis pas restée si tard. Mais du coup, hier j’ai revu plein de monde de la fifa, presque tout le monde est venu, et c’était vraiment sympa de revoir tout le monde, de refaire un truc ensemble, même si on n’est pas tous les meilleurs amis du monde, comme je l’ai déjà dit, on s’entend quand même plutôt bien et ça m’a fait plaisir.

J’ai aussi essayé de trouver un job et j’ai eu un essai en tant qu’aide de cuisine à la préparation du buffet du petit déjeuner d’un restau/bar/café qui se veut assez chic, mais cela ne m’a plu, je coupais à la trancheuse, du fromage, du salami et cette espèce de charcuterie allemande visqueuse, le tout à côté d’une fille qui préparait d’autres choses dont à un moment un tiramisu ! Je ne voulais pas être dégoûtée du tiramisu à force de l’associer au salami, et je ne voulais pas non plus passer mes vendredi aprem et mes matinées de week-end à faire ça, j’ai donc décliné car c’était plus pour un appoint, pour me faire plaisir que par besoin. Je chercherai peut-être autre chose, mais je vais voir, ce n’est pas non plus ma priorité.

Demain commence la O-Woche (semaine d’orientation), mais sachant qu’elle n’est pas que pour nous, mais aussi pour les vrais petits bizuths qui commencent à peine leurs études (ce qui n’est pas notre cas, puisque nous entrons en deuxième année), et bien nous avons décidé avec Mélanie de faire un petit tour à Dortmund demain pour profiter de notre Semesterticket qui nous permet de prendre les trains régionaux et les moyens de transports en commun gratuitement en NRW. Notre première réunion obligatoire n’a lieu que mardi matin, tout comme les activités vraiment intéressantes comme la tournée des bars mardi soir ou la soirée d’inté jeudi soir ou le Katerfrühstück (petit déjeuner de la gueule de bois, si si…) vendredi midi. Mais dans une semaine, c’est enfin le début des cours, et je ne cache pas ma hâte car j’ai un peu l’impression de végéter intellectuellement (même si je voudrais sûrement rapidement des vacances les cours retrouvés). Voilà, voilà… Je vous raconterai donc sûrement cette O-Woche d’une seule traite ou par à-coups tout au long de la semaine, les véritables aventures commencent bientôt !! Et je suis impatiente !! Pas seulement pour les cours, mais aussi parce que je veux rencontrer d’autres gens, vivre d’autres choses, une année totalement différente qu’à Lille (même si cette année-là était bien, je ne suis pas ici pour revivre Sciences Po, je suis ici pour vivre Münster) !

Sur ce, à bientôt mes amis. Et la prochaine fois il y aura des photos, promis.