billet d’humeur

Je me souviens encore de mon arrivée à Münster. Ce moment où je me suis assise sur mon lit parcourant ma chambre du regard. Mon père venait de partir et de me laisser là. Dans cette nouvelle vie. Au milieu de mes cartons. Au début, ce n’était pas facile il faut l’avouer. Et maintenant je voudrais qu’on me ramène à ce moment, il y a plus de huit mois. Je veux que tout recommence. L’été arrive et avec lui, la fin de mon année en Allemagne. A peine un peu plus d’un mois me reste-t-il ici. Je savais déjà que j’avais une prédisposition pour l’Allemagne en arrivant en NRW, en passant le concours de Sciences Po Lille/WWU Münster. Et maintenant je sais que ma vie est en grande partie ici, que je me sens bien et chez moi dans ce pays qui pourtant n’est pas le mien. Lille, j’aimais Lille. Mais ce n’est pas pareil. Ici, j’ai l’impression d’avoir vraiment commencé à vivre ma vie, à devenir une vraie adulte. À vivre tout court. Profiter de chaque instant. Les retours en France sont d’autant plus délicieux qu’on les savoure beaucoup plus qu’un aller/retour Reims/Lille qui en soi n’a rien d’extraordinaire. Quitter Münster ne sera pas facile. Quitter l’Allemagne le sera d’autant moins. Heureusement ce n’est que pour un an. Heureusement on revient.

quand je pense au retour en France

quand je pense au retour en France

P.S.: La photo à la Une date d’un de mes week-ends à Berlin.

le quotidien banal d’une étudiante

On part faire ses études. Loin. A l’étranger. On n’attendait que ça. Et puis on y est. Au début, on a un peu le blues. C’est plus pareil pour rentrer chez soi, c’est plus le même pays, c’est plus chez nous, c’est encore un nouveau lieu auquel on doit s’habituer. Puis ça passe. Assez vite. On prend ses nouvelles marques. On décore sa nouvelle chambre avec des photos, des posters, des cartes postales. On arrange le lieu un peu comme on veut. On repère son petit magasin (bio dans mon cas) où on fera ses courses régulièrement, telle une habituée. On prend ses aises. On a son bol préféré dans le placard. Et on a enfin trouvé comment fonctionnait l’éplucheur à légumes (étrange et en aucun point semblable aux éplucheurs à légume dont on avait l’habitude chez nous). On a sa place dans le frigo et son étagère de bouffe. On commence à avoir sa petite routine. Le mardi on mange avec les copines. Le jeudi on va à la boxe. Le week-end on s’occupe en allant à Cologne, ou bien Berlin ou au cinéma ou peut-être voir une expo. On va courir deux ou trois fois par semaine autour de l’Aasee, entre canards et paysages champêtres. On dit bonjour aux voisins quand on les croise. On reçoit NEON, son magazine préféré. On s’amuse de certaines habitudes allemandes (pendant qu’eux doivent s’amuser de certaines manies françaises). On discute de temps en temps avec sa coloc en faisant la cuisine. On a sa vie, quoi. Parfois quelques coups de mou. Quand on sait qu’il y a repas de famille là-bas chez nous et que de notre côté on est seule dans notre appart un samedi soir. Quand on voit des photos de sa soeur et qu’on a envie de passer du temps avec elle. Quand on tombe sur des publications partagées par sa mère ou son père et qu’on aimerait bien parler de ce sujet avec eux. Quand on aimerait juste dîner un soir à la maison et écouter les blagues pas drôles de Papa et s’amuser de voir Maman tomber dans le panneau une fois sur deux et s’exaspérer d’avoir une ado (bien comme il faut) comme soeur (bien que c’est le cycle de la vie et qu’il faut bien en passer par là). Mais c’est juste des petits coups de mou, rapides, brefs, ils passent vite. Et puis… vient le week-end tant attendu où on rentre à la maison, enfin presque, en France. On a trouvé un moyen assez facile et bon marché de rentrer, c’est deux semaines avant Noël, une petite coupure, un moment qu’on attendait puissance mille. Et le week-end se passe. On est trop heureuse, on est en famille, on voit sa grand-mère chez qui les retrouvailles se passent, ses cousins, leurs parents, nos parents, notre petite soeur. Presque tout le monde, quoi. Les gens importants pour nous, en fait. Donc on profite, mais le temps passe vite. On est déjà dimanche soir. Tout le monde rentre chez soi. Nous, on rentre que le lendemain matin très tôt en covoiturage. On a un peu le cafard, toujours l’impression qu’on s’est pas tout dit, qu’on aurait eu encore plein de choses à partager, mais c’est trop tard. On passe une dernière soirée avec notre grand-mère. Après des résultats d’élections pitoyables, désespérants et angoissants, on regarde une petite comédie pour oublier un peu. Et c’est déjà lundi, il faut repartir, le trajet du retour est long et déprimant. La journée sera longue et déprimante. Pour la peine, à midi on a mangé ses sandwichs, mais aussi quelques gâteaux, des céréales et du chocolat parce qu’il faut bien se remonter le moral et puis tant pis pour la ligne. On reprend peu à peu le rythme, on est allée faire les courses au magasin bio. On a rangé sa chambre. Fignolé quelques demandes de stage. Demain, cela reprendra pour de bon. Normalement. La routine étudiante. Bientôt Noël. Le coup de blues passera dans la nuit.

moi quand je rentre à Münster après un super week-end

moi quand je rentre à Münster après un super week-end

Morale de l’histoire : on est toujours heureux de devenir étudiant, (presque) indépendant, mais finalement c’est pas toujours si facile.

fac française ou uni allemande ?

 

Comment raconter le début de ma vie universitaire allemande ?

 

 

Et bien, c’est simple. Tout d’abord, cela n’a strictement rien à voir avec la vie universitaire française. Enfin, je ne peux pas vraiment parler de manière générale, donc je dirai plutôt que cela n’a rien à voir avec la vie universitaire à Sciences Po Lille. Pourquoi ? Parce que c’est tellement différent.

Première différence ?
Le nombre d’heures de cours. Sur mon emploi du temps, sur le site de la fac, chaque cours dure 2h. En réalité, c’est 1h30, ce qui a réduit mon emploi du temps d’un quart. Et les profs n’essayent pas de grapiller quelques minutes par-ci par-là, le cours est fini, ils arrêtent, parfois même avant l’heure officielle. Et je suis en week-end le jeudi à 10h. Mes week-ends sont aussi longs que mes semaines de cours.

Deuxième différence ?
Le caractère obligatoire des cours. Non, aucun cours n’est obligatoire (à part les cours de langue pour la bonne et simple raison que quelqu’un qui ne vient pas en cours de langue ne peut pas prétendre avoir appris la langue puisqu’une langue se parle, donc dans ce cas-là il y a une obligation de se présenter au cours). Les profs estiment que nous sommes assez grands pour venir ou non, si on ne se présente pas, on n’aura qu’à rattraper le cours via un camarade, et si on ne se présente pas le jour où on doit faire un exposé ou autre, c’est à nos risques et périls. Le maître mot : la débrouillardise. Tu viens, tu viens pas, c’est ton choix. Tu valides, tu valides pas, c’est ta faute. Soit parce que tu n’es pas venu et n’as pas rattrapé, soit parce que tu n’as pas pris la peine de venir la seule fois où tu avais une présentation à faire. Mais s’il n’y a rien à présenter et seulement des devoirs écrits à rendre, tant que tu les rends en temps et en heure, qu’est-ce que cela peut faire au prof que tu sois présent ou non ? Rien. Bref, on se sent plus adultes et responsables. Et on n’est plus enclin selon moi à venir en cours sans ce caractère obligatoire qui met pression et qui du coup fait que tu ne viens pas forcément pour apprécier le cours, mais seulement parce que tu y es obligé donc tu te forces et finalement t’es juste là assis, mais t’écoutes pas, parce que tu te sens frustré et que t’as pas envie d’être là, et ça ne sert à rien.

Troisième différence ?
Tes camarades de cours. Age, cursus, etc. Surtout dans les cours électifs. En cours de biopolitik par exemple, il y a nous, les doubles-cursus en deuxième année, il y a aussi d’autres premières années en politique il me semble, et puis aussi des gens en master. Ensuite, on étudie tous quelque chose en rapport avec la politique mais jamais exactement la même chose. Certains font de la politique et du français, d’autres de la politique et de la germanistique, d’autres encore plus largement les sciences sociales, d’autres de l’économie aussi, d’autres du droit. Tout le monde fait des trucs différents, c’est super intéressant. Dans mon cours de biopo, je suis sûre et certaine qu’il y a un mec qui a au moins 30 ans et qui ça se trouve a le même âge que le prof, voire est plus âgé car le prof est pas très vieux non plus.

Quatrième différence ?
Le travail perso. En fait, on se dit, bon, on n’a pas beaucoup de cours, mais du coup ça va être beaucoup de travail perso à côté. Ben en fait pas tant que ça, car étant en week-end le jeudi à partir de 10h, j’ai tout le temps de bosser les cours. Et tout ce que j’ai à faire, c’est lire des textes pour chaque cours, c’est vrai qu’ils sont plus ou moins longs et qu’ils sont en allemand, donc c’est du travail, mais j’ai pratiquement quatre jours pour faire ça. J’ai aussi quelques exposés, et j’aurais des partiels à la fin du semestre et des devoirs écrits à rendre en mars. Mais j’ai le max de temps pour le préparer, et je trouve ça pour l’instant beaucoup moins stressant qu’à Sciences Po où on était tout le temps speed (même si c’est vrai que j’ai eu que deux semaines de cours pour l’instant, mais comme je suis organisée, même pour les devoirs écrits à rendre en mars, ça va le faire, car du coup on a tout le semestre pour les préparer). Bref travail perso oui, mais développement perso semble aussi plus important ici dans la mesure où du coup on a du temps pour s’engager dans une association, se trouver un job ou encore se rendre à des expos ou visiter des musées aux quatre coins de la région grâce à notre Semesterticket qui nous permet de prendre le train gratuitement dans toute la région. Ce qui nous amène à la cinquième différence.

Cinquième différence ?
Le traitement des étudiants. L’Allemagne, en tout cas en Nordrhein-Westfalen, montre beaucoup de soutien envers les étudiants. Un semestre ici m’a coûté 238€. Dans ces 238€ est donc comprise l’inscription à la fac. Mais à cette inscription se rajoute le Semesterticket qui ne permet pas seulement de prendre le train gratuitement dans toute la région (sauf les trains rapides, mais c’est déjà énorme), mais aussi d’utiliser tous les transports en commun de la région avec possibilité d’avoir un vélo avec soi et d’être accompagné d’une autre personne les soirées du vendredi, samedi, dimanche et des jours fériés. Sans payer le moindre frais supplémentaire. Comparaison avec Sciences Po : je paye le prix fort avec les droits d’inscription modulés car mes parents sont considérés comme riches alors que pour l’instant, ce n’est que de la richesse fictive dirons-nous, et les seuls avantages sont l’agenda gratuit aux couleurs de l’IEP et les copies et photocopies gratuites illimitées. Et pour faire une comparaison plus générale avec le système universitaire français, les abonnements aux transports en commun ne sont pas offerts. Bien sûr, les boursiers ont des avantages, mais seulement eux. Et même une amie boursière qui pouvait rentrer chez elle avec le TER sans frais ne pouvait que prendre ce même trajet (fac/son domicile). Alors que là nous pouvons aller absolument partout en Nordrhein-Westfalen. Et les étudiants sont bien plus responsabilisés en université allemande qu’en France, dans la mesure où ils décident eux-mêmes ou non d’aller en cours et en subissent les conséquences ou non sans avoir la pression de l’administration. Cela peut être un désavantage, mais cela permet aux étudiants de vraiment se prendre en main, eux-mêmes, de choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent faire de leur vie ou non.

Sixième différence ?
Le cursus universitaire. Il n’y a pas de grandes écoles en Allemagne comme on l’entend en France. Ni de classes préparatoires. Il y a différentes universités avec différents types de cursus. Certaines sont bien sûr plus renommées que d’autres, plus prisées. Mais cela reste l’université. Il n’y a pas d’ENS ou d’ENA ou d’INSA ou encore de HEC. Et il existe la possibilité de pouvoir, quel que soit notre âge, notre niveau d’études déjà atteint, commencer un nouveau cursus. Exemple : Sciences Po Paris ne peut être tenté que directement après le bac. Pas possible de commencer en bac + 1, on doit ensuite attendre le Master. Sciences Po Lille présente un peu le même système, comme les autres IEPs. Il est possible d’y entrer directement après le bac ou en bac + 1, mais au delà, il faut attendre le master. Du coup, il n’est pas non plus possible de faire une année sabbatique ou de service civique entre le début de ses études et l’obtention du baccalauréat. En Allemagne, c’est tout autre, il suffit de regarder les Allemands de mon cursus Sciences Po qui sont donc entrés par la voie allemande, la voie de l’université allemande. Certains sont plus âgés, la plus vieille a déjà eu 22 ans cette année il me semble. Alors que je n’en ai que 19. Rentrer à Sciences Po en première année à 22 ans du côté français n’aurait pas été possible. Certains ont fait une année de service civique ou autre. Dans certains des cours on voit aussi bien que certaines personnes, bien qu’elles commencent à étudier la science politique et en sont donc à leur premier semestre, sont plus vieilles que moi qui pourtant en suis déjà à mon troisième semestre.

Bref, voilà, l’organisation, le rapport aux élèves, aux études, le travail demandé, l’accessibilité aux différents cursus, etc, sont autant de différences qui nous permettent de mettre en parallèle le système universitaire français et le système universitaire allemand. La notion d’élite est beaucoup moins explicite à la fac allemande, beaucoup moins visible. Et encore, il y a bien d’autres différences qui se laissent percevoir, je ne vous ai citées que celles que j’ai pour l’instant le plus remarquées pour vous donner un petit aperçu de la culture allemande du point de vue de la formation. Après je ne connais pas vraiment le système à la fac pure en France, je ne connais que le système Sciences Po et ce qui tourne autour des grandes écoles. Mais il me semble que du coup la fac est un peu dévalorisée en France, en tout cas dévaluée, alors qu’elle propose des cursus toujours plus intéressants. Il me semble aussi qu’on ne met pas assez de moyens dans l’éducation en France par rapport à l’Allemagne. Les étudiants en Allemagne ont énormément de possibilités MAIS AUSSI les moyens qui vont avec, là est la différence. Après je ne pourrais cependant pas dire quel système est le mieux, il y a sûrement du bon à prendre dans les deux, mais cela peut donner à réfléchir. Est-ce que les Allemands réussissent moins bien que nous ? Non. Donc il doit bien y avoir un juste milieu, un système idéal. (Ou je suis trop idéaliste, c’est une possibilité.) Être à Münster me permet vraiment d’expérimenter deux types de formation, d’apprentissage, deux manières différentes d’apprendre et d’enseigner, et c’est vraiment bien de pouvoir avoir les deux points de vue.

H-10

Après trois mois de vacances, deux jobs d’été, du glandage à la maison, presque trois semaines à Münster, une semaine d’orientation, une tournée des bars avec des gens qui étudient la sociologie, une soirée d’intégration très réussie, un vendredi déprimant à cause de la fatigue, de la gueule de bois et du mauvais temps, un week-end reposant entre séries, thés et nourriture healthy pour remettre son foie des petits excès alcoolisées, la rentrée est enfin là. Elle est enfin là pendant que la plupart d’entre vous commencent leurs vacances ou les attendent impatiemment pour le week-end prochain. Elle est enfin là après ces longs jours de vacances qui ont déconnecté mon cerveau des études. Un peu comme si j’avais végété intellectuellement. Même si j’ai eu le temps de lire plein de romans pour le plaisir, de feuilleter des magazines, de regarder des séries comme bon me semble, d’enchaîner les épisodes si ça me plaît, de faire la fête parfois, de me remettre tranquillement sans me dire « oh j’ai un exposé pour mardi prochain », ou je ne sais quoi d’autre. Mais là, les études vont reprendre et j’avoue avoir un peu hâte, je l’ai sûrement déjà dit, mais voilà, les vacances c’est bien mais tout a une fin. BREF DEMAIN 10H, le semestre commence.

J’ai visité Düsseldorf et Dortmund lundi dernier. Dortmund, c’est très moche. Vraiment, c’est connu seulement grâce au foot je crois. Mais ils ont des tonnes de magasin #bonplanshopping. Düsseldorf, c’est un peu mieux, mais bon toujours pas le top non plus. Après on avait pas trop de temps alors on n’avait pas préparé ces visites, mais il y a sûrement des trucs plus intéressants à voir dans ces coins-là comme des expos ou des musées ou que sais-je d’autre.

Schöne und hoffnungsvolle Kolorierungen in Dortmund

Schöne und hoffnungsvolle Kolorierungen in Dortmund

Bref, court article pour vous annoncer ma rentrée. Je commence demain avec un TD de « Méthodes » (je ne sais plus exactement ce qu’on fait… Logiquement c’est de la méthode, mais quoi exactement, j’ai oublié ce qu’on nous avait dit je crois…), un cours de communication (et oui, je suis contente de pouvoir en faire !), et théories de la modernité (ce qui a l’air assez intéressant…) ! Voilà, j’ai donc hâte de voir ce que cela va donner, si les profs sont intéressants, et tout le toutim quoi.

Bisous, love et chou rouge

se replonger dans le monde allemand

Voilà une dizaine de jours que je suis arrivée maintenant. Nous sommes d’ailleurs plus proches de la quinzaine que de la dizaine. Je commence à me réhabituer progressivement à vivre dans un monde qui ne parle pas ma langue quotidiennement et qui a d’autres habitudes. Réhabituer, car je l’avais déjà fait en seconde quand je suis partie six mois en Allemagne dans le cadre du programme Voltaire. Petit à petit je (re)trouve des marques, des repères, je m’habitue à certaines choses comme le fait que la plupart des Allemands sont très sages et ne traversent pas au feu rouge, jamais, ou comme le fait qu’il y a des feux juste pour les vélos même si en vérité, ils sont synchros avec ceux des piétons, qu’il y a des pistes cyclables partout et qu’on circule comme les voitures du côté droit. Je m’habitue aussi progressivement au climat. Nous avons des jours de beaux temps, et ils sont d’ailleurs revenus, mais qui sait pour combien de temps… Mais également des jours de mauvais temps. Une sorte de bruine, de crachin continu, ce qui n’est pas vraiment agréable, mais bon, cela fait partie des caractéristiques météorologiques de cette chère ville il paraît. Je m’habitue également à parler allemand à nouveau, à essayer de penser et de réfléchir en allemand, pour ne plus chercher les mots trop longtemps. Au début, je me disais que ce serait un peu difficile de se remettre dans le bain comme ça, mais en fait, cela est plutôt simple, car je m’aperçois que mon niveau d’allemand me permet de me faire comprendre et de comprendre une conversation. Et puis lorsque plusieurs personnes te disent que tu parles quand même bien allemand (parce qu’ils ont l’habitude des étudiants étrangers, mais habituellement ce sont des Erasmus qui savent à peine aligner deux mots en arrivant, du coup ils sont agréablement surpris), cela te met en confiance, et finalement, tu te dis « c’est plus facile de se débrouiller que ce que je pensais ». Le quotidien ne me fait donc pas peur, je sais que je peux me faire comprendre facilement et que je peux m’intégrer dans une conversation sans trop de difficultés. Ce que je redoute maintenant, ce sont les cours, avec leur vocabulaire spécifique, le débit de paroles plus ou moins rapide selon les professeurs, donc ma capacité à suivre. Je pense que c’est ce qui va être le plus dur au début, car la vie allemande en soi elle n’est pas compliquée et même plutôt cool et on y prend goût assez vite.

Par ailleurs, j’ai commencé à revoir des amis, des gens de ma promo, on a fait quelques trucs ensemble avec Mélanie et d’autres filles cette semaine. On a fait les tests de langue pour pouvoir intégrer les cours d’anglais et/ou espagnol ensemble, on est allées au Wochenmarkt (le marché) à la Domplatz mercredi matin. Marché qui soit dit en passant est vraiment cool, plutôt grand, pas mal de stands bios (même en fromage et pain, et je me trouve toujours heureuse en voyant du bio, même si je n’achète ni de pain ni de fromage pour moi toute seule), bref j’y retournerai sûrement souvent ! Il y a lieu chaque mercredi et samedi matin. On a aussi pris un apéro chez Line et Marie pour fêter leur arrivée. Et participé à la crémaillère de Jules, Matthias et Emil hier soir, je suis d’ailleurs crevée, et pourtant je ne suis pas restée si tard. Mais du coup, hier j’ai revu plein de monde de la fifa, presque tout le monde est venu, et c’était vraiment sympa de revoir tout le monde, de refaire un truc ensemble, même si on n’est pas tous les meilleurs amis du monde, comme je l’ai déjà dit, on s’entend quand même plutôt bien et ça m’a fait plaisir.

J’ai aussi essayé de trouver un job et j’ai eu un essai en tant qu’aide de cuisine à la préparation du buffet du petit déjeuner d’un restau/bar/café qui se veut assez chic, mais cela ne m’a plu, je coupais à la trancheuse, du fromage, du salami et cette espèce de charcuterie allemande visqueuse, le tout à côté d’une fille qui préparait d’autres choses dont à un moment un tiramisu ! Je ne voulais pas être dégoûtée du tiramisu à force de l’associer au salami, et je ne voulais pas non plus passer mes vendredi aprem et mes matinées de week-end à faire ça, j’ai donc décliné car c’était plus pour un appoint, pour me faire plaisir que par besoin. Je chercherai peut-être autre chose, mais je vais voir, ce n’est pas non plus ma priorité.

Demain commence la O-Woche (semaine d’orientation), mais sachant qu’elle n’est pas que pour nous, mais aussi pour les vrais petits bizuths qui commencent à peine leurs études (ce qui n’est pas notre cas, puisque nous entrons en deuxième année), et bien nous avons décidé avec Mélanie de faire un petit tour à Dortmund demain pour profiter de notre Semesterticket qui nous permet de prendre les trains régionaux et les moyens de transports en commun gratuitement en NRW. Notre première réunion obligatoire n’a lieu que mardi matin, tout comme les activités vraiment intéressantes comme la tournée des bars mardi soir ou la soirée d’inté jeudi soir ou le Katerfrühstück (petit déjeuner de la gueule de bois, si si…) vendredi midi. Mais dans une semaine, c’est enfin le début des cours, et je ne cache pas ma hâte car j’ai un peu l’impression de végéter intellectuellement (même si je voudrais sûrement rapidement des vacances les cours retrouvés). Voilà, voilà… Je vous raconterai donc sûrement cette O-Woche d’une seule traite ou par à-coups tout au long de la semaine, les véritables aventures commencent bientôt !! Et je suis impatiente !! Pas seulement pour les cours, mais aussi parce que je veux rencontrer d’autres gens, vivre d’autres choses, une année totalement différente qu’à Lille (même si cette année-là était bien, je ne suis pas ici pour revivre Sciences Po, je suis ici pour vivre Münster) !

Sur ce, à bientôt mes amis. Et la prochaine fois il y aura des photos, promis.

willkommen

Liebe Leserin, lieber Leser*, je suis bien arrivée à Münster, en Allemagne et plus exactement en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (et c’est vraiment bizarre de dire le nom du Bundesland en français haha). Papa m’a emmenée mardi, on est arrivés en tout début d’après-midi et après avoir déchargé toutes mes affaires, on est allés manger un bout au bord de l’Aasee. On a acheté de quoi grignoter au même endroit où on avait petit-déjeuné en août lorsqu’on était venus récupérer les clés de l’appart. Et puis il est parti. Et le reste de la journée a vraiment été bizarre. Le soir, j’ai même eu un peu le blues. Quand je suis partie à Lille, j’avais aussi été un peu triste, mais parce que je me rendais compte que le temps innocent du lycée était terminé et que je commençais mes études et après ce serait la « vraie » vie. Là, je suis à l’étranger (bien que dans un pays où je maîtrise assez bien la langue). Je ne peux pas rentrer chez moi le week-end sur un coup de tête. Le train, c’est pas possible et allez trouver un covoiturage Münster/Reims, il faudrait passer par Strasbourg ou peut-être Lille, mais voilà, ça me prendrait presque la journée, donc sur un week-end… Ca ne vaut pas le coup. Et j’ai passé tellement de temps en famille ces derniers mois que se retrouver seule tout d’un coup reste malgré tout un petit choc. J’ai passé le mois de juin chez moi à Reims (avec deux furtives escapades sur Lille pour mes rattrapages), le mois de juillet en Bretagne entourée de ma famille, le mois d’août avec ma grand-mère et le mois de septembre à nouveau à la maison, cocoonée, chez moi, tranquille. Alors là, je me suis retrouvée toute seule dans le plus grand des calmes. Ma colocataire n’était pas là en plus, elle ne rentre que ce soir. Bon, au moins, j’ai eu le temps de prendre mes marques, de regarder un peu ce qu’il y avait dans l’appart, ce qu’il me manquait, bref de m’habituer à mon nouvel environnement. Je suis à cinq minutes de l’Aasee (le lac super cool de Münster), à cinq minutes d’un REWE (idéal pour les courses, même si j’ai trouvé deux trois magasins de produits bio qui vendent des trucs que j’adore), à dix minutes de mon école. Et tout ça, A PIED ! J’ai mon numéro allemand, une adresse allemande, je suis définitivement inscrite à la fac, une vraie petite étudiante allemande (si on omet le fait que je suis Française haha). Bref, je vais être bien, ça va être vraiment bien ici, j’attends juste que mes copines arrivent et ce sera d’autant mieux ! En plus rien à voir, mais ma mère m’avait préparé des lasagnes à emporter, le bonheuuuuur. Enfin voilà, j’ai trop hâte de commencer les cours, de rencontrer des gens (et pourquoi pas un petit Allemand…), de revoir mes potes !! Dire que je suis déjà en deuxième année, le temps passe tellement vite, j’ai l’impression d’avoir passé mon bac hier…

une petite vue de mon nouveau chez-moi..

une petite vue de mon nouveau chez-moi..

A bientôt !

*Chère lectrice, cher lecteur