mon année d’assistante de langue

Mon année d’assistante de langue touche à sa fin… Et il est peut-être temps de vous raconter mon expérience ! 

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Etre assistant.e de langue c’est quoi ?! Comment je postule ?!

Etre assistant.e de langue, dans mon cas, assistante de français, c’est soutenir, aider, accompagner, assister les profs de français, et aussi faire découvrir sa langue, son pays sous une autre forme, plus attractive que les heures de cours habituels. On postule via le CIEP. Il s’agit d’un dossier de motivation en ligne. On ne choisit pas vraiment sa région. On peut faire trois voeux, mais très généraux (Nord, Sud, Est, Ouest). Si vous souhaitez une région/ville particulière, écrivez-le bien. Et si vous le voulez de tout coeur, je crois qu’il faut vraiment dire que vous avez vraiment envie d’être assistant.e, mais ici, et pas ailleurs. J’ai été affectée au Heinrich-Heine-Gymnasium de Bottrop, bien qu’ayant parlé de mes études à Münster. Bottrop – en train – est à presque deux heures de Münster. 

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Pourquoi postuler ? 

Beaucoup d’étudiant.e.s postulent pour être assistant.e parce qu’iels veulent devenir prof ou instituteur, parce qu’iels veulent travailler dans le milieu pédagogique. D’autres postulent également car c’est une bonne occasion de (re)partir à l’étranger et d’apprendre une nouvelle langue ou d’améliorer des connaissances déjà présentes. Pour ma part, étant donné mon parcours, il s’agissait plutôt d’un job sympa et pas mal payé (en Allemagne, 850€ par mois pour douze heures de travail par semaine). Mais c’est en fait une bourse qui doit vous permettre de vivre tranquillement pendant votre assistanat, donc non imposable. En revanche, si vous décidez de vous lancer et de postuler, et qu’il s’avère que vous soyez pris.e, prévoyez de quoi survivre les premiers mois : il faut un compte allemand pour recevoir la bourse qui peut s’avérer difficile à ouvrir selon les banques. Petit Exkurs : Personnement, je suis chez Fidor, une banque en ligne. Ca peut faire peur car pas de bureau réel où s’adresser en cas de problème (que je n’ai jamais eu). Mais c’est facile, juste besoin de papier d’identité pour ouvrir un compte courant (il n’y a pas encore de compte épargne proposé car c’est une banque assez récente), mais c’est tout ce dont vous avez besoin ! Bref, surtout si vous utilisez principalement votre compte français, même à l’étranger, c’est plutôt bien. 

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Le système allemand, la vie pédagogique, mon école, mes impressions

Le système allemand est assez complexe. Commençons par le début. 

L’école est obligatoire entre 5 et 7 ans – cela dépend des Länder car l’Allemagne est un Etat fédéral. Tout comme la durée totale d’enseignement, certaines écoles ont par exemple une autre classe après l’équivalent de la Terminale, donc certain.e.s préparent l’Abitur (l’équivalent du bac) pendant plus longtemps selon le Land. Ce qui ne veut pas dire que c’est forcément injuste (on pourrait dire que certain.e.s ont plus du temps pour se préparer) car l’Abitur est lui aussi décentralisé, donc ce n’est pas le même selon les Länder. Si cette décentralisation est une bonne chose, c’est une autre question. 

Il existe ensuite différents types d’école. Mais d’abord, on commence soit par le Kindergarten (il n’y a pas d’école maternelle), soit à la maison jusqu’à l’arrivée en Grundschule (école primaire). Après la Grundschule, les chemins se séparent entre Hauptschule, Realschule, Gesamtschule et Gymnasium. J’étais dans un Gymnasium et c’est la forme qui se rapproche le plus de notre collège-lycée. Cependant, il y a des passerelles, un.e élève en Realschule peut rejoindre un Gymnasium par exemple. Gesamtschule, il me semble, regroupe toutes les différentes formes possibles d’enseignement. Bref, je ne vais pas m’attarder sur les formes d’école car je ne m’y connais pas assez. Mais je vais m’attarder sur le Gymnasium, mon Gymnasium. 

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Les cours peuvent s’étaler de 8h à 16h40 (il me semble), enfin sur 10 heures. Mais la plupart des cours sont déjà finis après la 8e heure (qui finit à 15h) ou même plus tôt. Les plus petits finissent à 13h20. Il s’agit de cours de 45 minutes. Deux „grandes“ pauses de vingt minutes ont lieu après la deuxième heure et après la quatrième heure. Pour les plus petits, il y aussi dans les heures de midi une „pause active“. Mais contrairement au système français, il n’y a pas de pause réservée au déjeuner. Les petit.e.s Allemand.e.s mangent TOUT LE TEMPS. Alors moi, à 11h25, retour en salle de prof, soit je me jetais déjà sur mon déjeuner (car après il s’agissait de tenir jusque 14h), soit j’attendais. Mais j’avoue que l’option déjeuner à 11h30 l’a souvent emportée. Avançant également mon dîner : dîner à 20h n’arrive que lorsque je rends visite à mes parents… 

Les notes s’étalent de 6 à 1, 1 étant la meilleure note. Vous allez me dire : Mais seulement 6 notes ?! Mais comment font-ils ? Tout d’abord, les notes de 1 à 6 correspondent également à des points de 15 à 0 (qui sont la norme pour l’Abitur) ou à un certain pourcentage de points obtenus, ce qui permet ensuite d’avoir des 1+ ou 1 glatt ou 1 – et ainsi de suite avec tous les chiffres. Bref, je ne connais pas non plus le système comme ma poche, mais je le trouve déjà un peu mieux que nos notes de 0 à 20. Je trouve qu’il n’y a pas la même pression. Et ce n’est pas un demi-point qui vous fera baisser votre note car si vous avez entre tel et tel pourcentage, vous aurez la même note. EN GROS. 

La relation prof-élève… Alors, je suis peut-être trop habituée au système français où la hiérarchie entre l’élève et le prof est quand même très présente, mais je trouve que parfois, les professeur.ses allemand.e.s sont un peu laxistes haha. C’est génial à mon avis que les élèves et les profs arrivent à avoir cette relation de confiance, aussi un peu amicale qui permet d’avoir une bonne ambiance en classe. Mais parfois, selon moi, il faut quand même faire preuve d’un peu d’autorité. Car quand on rend les devoirs écrits et que tout le monde se lève pour aller discuter sa note à l’autre bout de la classe et que la.le prof ne fait rien pour les empêcher, mais ensuite désespère car elle ou il perd du temps, j’ai envie de leur dire, imposez-vous un bon coup et peut-être que les élèves se remettront au travail. Je suis tout à fait pour abattre la hiérarchie prof-élève, mais je me suis rendue compte que parfois, il fallait quand même faire preuve d’un peu d’autorité… Car être la bonne copine, c’est sympa, mais personne ne t’écoute… Voilà haha. Mais bon, ce n’est pas non plus ma vocation de changer les systèmes éducatifs, je partage juste ma humble expérience de l’école allemande. Et n’empêche que mes petits bouts vont me manquer ! 

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P’tit bilan

A part ça… Mon école était géniale. Des collègues vraiment cool. Des élèves (presque) toujours sympas ! Surtout les plus petits, tellement motivés et mignons… Bref, mis à part le trajet Münster-Bottrop (et encore ! C’est aussi une expérience intéressante haha), c’était une paire de mois formidables et très intéressants, qui m’ont beaucoup apporté je pense. Même si je sais à présent que l’enseignement, non, jamais, pour moi, hors de question ! Mais c’était vraiment bien, et mercredi prochain, ça va être étrange de les quitter pour de bon, et de ne plus aller au travail, de ne plus voir mes petits sixièmes… Alors je vais profiter de ma liberté et de mon temps libre, ça c’est sûr haha, car ça libère quand même au moins 24h dans ma semaine, mais ça va quand même faire bizarre. Après huit mois à aller trois fois par semaine au Gymnasium, tout d’un coup plus rien… Enfin, c’est la vie !

Je ne regrette pas cette expérience et si vous avez envie d’aller faire un tour à l’étranger, foncez ! Evidemment, tout dépendra de votre affectation, de votre entente avec les autres profs, de votre environnement, mais il y a de fortes chances que ce soit génial ! Et vous pouvez même faire une deuxième année si ça vous plaît tant ! Je ne peux pas à cause de mes études, et puis j’avoue que le facteur Bottrop ne m’aurait pas incité à faire une deuxième année à Bottrop… Tout était bien, mais ce n’est vraiment pas une ville extraordinaire… Et tant qu’à faire j’aurais bien testé un autre coin en Allemagne ! Mais voilà, vraiment cool de faire un peu autre chose que ce qu’un parcours sciences po offre généralement. 

 

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2017

 

Janvier – Prelles/Berlin

 


 

Février – Lille/Reims

 


 

Mars – Lille

 


 

Avril – Berlin/Dublin

 


 

Mai – Reims/Münster

 


 

Juin – Münster

 


 

Juillet – Berlin

 


 

Août – Berlin

 


 

Septembre – Sur la route

 


 

Octobre – Paris/Haltern am See

 


 

Novembre – Vosges/Ausstellung in Oberhausen

 

 

Décembre – Reims/Vosges

 


 

hallo 2018

pourquoi je pense à devenir vegan

Alors, bien que je n’aie bien sûr pas de date anniversaire précise datant le début de mon passage au végétarisme, cela fait environ six mois que je m’y suis mise. Soit six mois. Soit la moitié d’une année. Mince, que le temps passe vite, j’ai l’impression d’avoir pris cette décision hier. Peut-être parce que la viande ne me manque pas vraiment ? Peut-être parce que ce n’est pas si difficile finalement de bannir de son alimentation viande blanche, viande rouge, poissons et autres animaux ? Seulement… je me suis rendue compte également qu’il n’est pas si compliqué de retirer œufs, beurre et autres produits laitiers de ses repas quotidiens. Premièrement je ne cuisine jamais au beurre. Deuxièmement je ne mange presque plus d’œufs. Troisièmement je n’achète jamais de yaourts à base de lait de vache ou autre lait animal et ne bois plus non plus de lait animal. Je suis une grande fan du lait de soja à la vanille et les yaourts au soja n’ont plus de secrets pour moi. Vous n’imaginez pas non plus tout ce qu’on peut faire avec du soja et du seitan. Le tempeh… Une tuerie. Et quoi ? On ne peut pas faire de gâteaux sans œufs ? Foutaises. Et des crêpes non plus ? Mensonges. En fait, une alimentation exempte de produits animaux permet de découvrir tellement de choses qu’on n’aurait jamais pensé manger auparavant. Et je vous jure qu’un Döner avec du seitan cuisiné comme du kebab, c’est une tuerie (d’ailleurs voici une adresse à Berlin que je vous recommande fortement, leur Döner c’est le jeudi car Dönerstag, et mon Dieu, on se tuerait pour en manger un !). Bref. Le petit bilan de mon alimentation établi, nous allons passer à ce qui me pousse à devenir vegan et à ce qui me retient.

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Devenir vegan
Etre vegan est souvent considéré par les ignorants comme le mode de vie un peu décalé d’un hipster qui se la joue et veut montrer qu’il est différent des autres, ou bien est souvent assimilé aux marginaux. Comme si les vegans étaient fous et ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Et comme si c’était des extrémistes. Je veux dire. On respecte tout. Les croyants, les non-croyants, les politiques, les gauchistes, les écologistes, les Républicains, et même… Ah non, pas le Front National. Donc on respecte PRESQUE tout. Alors pourquoi pas les Vegans ? Je veux dire, ce n’est qu’une conviction parmi tant d’autres. Ce que je retiens de l’enseignement qui m’a été donné, c’est qu’il faut croire en ses convictions, respecter sa philosophie de vie, ses principes et respecter les autres. Soit, je n’approuve pas le fait de manger de la viande, mais cela veut-il dire que je ne respecte pas les gens qui le font en tant que personne ? Non. Donc, j’attends un juste retour des choses de la part des omnivores.
Si je pense à devenir vegan, c’est parce qu’en devenant végétarienne, j’ai commencé à m’intéresser de plus en plus à tout ce qui va avec le végétarisme. Et je ne cautionne pas la maltraitance des animaux. Ce sont des êtres vivants. « Do animals have less fear because they live without words? » Je ne pense pas.
Par ailleurs, l’une des raisons de mon végétarisme était également l’environnement. Réduire la souffrance de notre belle planète. Devenir vegan ne serait que l’accomplissement de mon engagement.
Donc comme tout vegan qui se respecterait, je le serais pour le bien-être des animaux et de notre planète Terre. Même si à moi seule, je ne peux pas changer grand-chose.
Alors je ne vous demande pas de devenir végétarien ou même vegan, je vous demande juste d’essayer de comprendre ce que cela implique et d’arrêter le scepticisme à deux balles. « Quoi ? Mais tu manges quoi ? Des légumes ? », « Mais c’est vraiment extrême quand même ! » Qui a dit que l’extrême était foncièrement mauvais ? (A part l’extrême-droite.) Est-ce que c’est mal de croire extrêmement en ses convictions ? Est-ce que c’est mal d’être extrêmement heureux ? Est-ce que c’est mal d’être extrêmement amoureux ? Est-ce que c’est mal de se sentir extrêmement concerné ? Est-ce que c’est mal de vivre certaines choses de manière extrême ? Non. Je ne crois pas. Voilà pourquoi je pense à passer le cap.

 

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Mais…
… c’est une étape difficile. Devenir vegan c’est contraignant. Et je ne parle pas de l’alimentation, car selon moi beaucoup de vegans affirmés, convaincus et du coup très renseignés, se nourrissent beaucoup mieux que des personnes omnivores, car les vegans (attention affirmés, convaincus et très renseignés qui savent dans quoi ils se lancent, pas des vegans de pacotille) font beaucoup plus attention à ce qu’ils mangent, à leurs apports en protéines, vitamines, à tout ce qu’on trouve ordinairement dans les produits animaux. Ce qui fait que leur mode d’alimentation est souvent beaucoup plus sain selon moi et mon observation (à une échelle microscopique) de la société.
Non, devenir vegan c’est contraignant.
Car manger dehors est plus difficile. Surtout en France si on ne veut pas se retrouver avec une salade César sans poulet, donc une salade tout court.
Car tu imposes quand même ça à ta famille et même si tu veux qu’ils comprennent, ce n’est pas facile, mais heureusement petit vegan tu sais souvent cuisiner un peu de base et t’y mets encore plus et te sens prêt à leur faire la cuisine.
Car le scepticisme et les moues sont choses courantes. Et que si tu dis que tu as fait un gâteau au chocolat, tout le monde trouve ça délicieux. Si tu rajoutes que c’est vegan, petite grimace et « mais pourquoi ? ». Exemple typique.
Car on se met un peu en marge de la société, surtout en France (oh Deutschland, tellement triste de te quitter dans trois semaines…) et que ce n’est pas forcément toujours facile.

 

et en plus, y a plein de stickers cool pour affirmer sa veganattitude hihi

et en plus, y a plein de stickers cool pour affirmer sa veganattitude hihi

Ce n’est donc pour l’instant qu’en réflexion, mais je penche fortement vers le véganisme. (Ok peut-être que vivre en Allemagne et avoir un copain vegan m’a fortement influencée… Mais peu importe, cela reste mes convictions. Je sais me forger mes propres opinions.)

Les commentaires sont les bienvenus, mais comme pour tout sujet, ce qui n’est pas constructif, n’a aucun intérêt.

billet d’humeur

Je me souviens encore de mon arrivée à Münster. Ce moment où je me suis assise sur mon lit parcourant ma chambre du regard. Mon père venait de partir et de me laisser là. Dans cette nouvelle vie. Au milieu de mes cartons. Au début, ce n’était pas facile il faut l’avouer. Et maintenant je voudrais qu’on me ramène à ce moment, il y a plus de huit mois. Je veux que tout recommence. L’été arrive et avec lui, la fin de mon année en Allemagne. A peine un peu plus d’un mois me reste-t-il ici. Je savais déjà que j’avais une prédisposition pour l’Allemagne en arrivant en NRW, en passant le concours de Sciences Po Lille/WWU Münster. Et maintenant je sais que ma vie est en grande partie ici, que je me sens bien et chez moi dans ce pays qui pourtant n’est pas le mien. Lille, j’aimais Lille. Mais ce n’est pas pareil. Ici, j’ai l’impression d’avoir vraiment commencé à vivre ma vie, à devenir une vraie adulte. À vivre tout court. Profiter de chaque instant. Les retours en France sont d’autant plus délicieux qu’on les savoure beaucoup plus qu’un aller/retour Reims/Lille qui en soi n’a rien d’extraordinaire. Quitter Münster ne sera pas facile. Quitter l’Allemagne le sera d’autant moins. Heureusement ce n’est que pour un an. Heureusement on revient.

quand je pense au retour en France

quand je pense au retour en France

P.S.: La photo à la Une date d’un de mes week-ends à Berlin.

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Et pendant que les vacances commencent doucement en France, je suis encore à Münster. Encore deux petites nuits avant mon retour dans mon doux chez moi. At home. Zu Hause. Comme on dit par chez nous.

J’adore Noël. Et l’ambiance de Noël. J’adore chercher des cadeaux pour ceux que j’aime. Et j’adore retrouver toute ma famille autour d’un bon repas et de quelques verres de champagne et de vin. J’adore regarder le sapin tout décoré et illuminé. J’adore la distribution des cadeaux. Et j’adorais quand on devait faire croire aux plus petits que le Père Noël existait encore. Et j’adorais le moment où la sonnette retentissait et on se précipitait, mais c’était trop tard, il était déjà parti sur son traîneau. Et j’adore les étincelles de bonheur dans les yeux quand on se retrouve avec les gens qu’on aime. Et j’adore les films de Noël. Et j’aime à penser que le Père Noël existe en chacun de nous car sinon, qu’est-ce qui rendrait ce moment si merveilleux ? Comment ça la magie de Noël n’est qu’un mythe et les lutins n’existent pas ? La magie de Noël, elle est là, en chacun de nous. Dans le sourire de cette petite fille qui voit le Père Noël pour la première fois. Dans les pensées de ce petit garçon qui se demande ce qu’il va mettre cette année dans sa liste. Dans le regard de cette maman si heureuse de voir ses enfants heureux. Dans les gestes de cet homme qui cherchent avec attention le cadeau adéquat pour sa bien-aimée. Elle est en toi, elle est en moi, il suffit juste d’y croire. C’est comme dans Peter Pan (le film), il suffit de croire que les fées existent, et le tour est joué.

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Alors après un périple à Berlin et une dernière semaine tranquille à Münster sous ces températures affolantes pour un mois de décembre, je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année. Un très joyeux Noël. Une belle année à venir ! Et mes aventures ne s’arrêtent pas là. Je quitte Münster demain pour les vacances, mais l’année 2016 s’annonce pleine de surprises.

le quotidien banal d’une étudiante

On part faire ses études. Loin. A l’étranger. On n’attendait que ça. Et puis on y est. Au début, on a un peu le blues. C’est plus pareil pour rentrer chez soi, c’est plus le même pays, c’est plus chez nous, c’est encore un nouveau lieu auquel on doit s’habituer. Puis ça passe. Assez vite. On prend ses nouvelles marques. On décore sa nouvelle chambre avec des photos, des posters, des cartes postales. On arrange le lieu un peu comme on veut. On repère son petit magasin (bio dans mon cas) où on fera ses courses régulièrement, telle une habituée. On prend ses aises. On a son bol préféré dans le placard. Et on a enfin trouvé comment fonctionnait l’éplucheur à légumes (étrange et en aucun point semblable aux éplucheurs à légume dont on avait l’habitude chez nous). On a sa place dans le frigo et son étagère de bouffe. On commence à avoir sa petite routine. Le mardi on mange avec les copines. Le jeudi on va à la boxe. Le week-end on s’occupe en allant à Cologne, ou bien Berlin ou au cinéma ou peut-être voir une expo. On va courir deux ou trois fois par semaine autour de l’Aasee, entre canards et paysages champêtres. On dit bonjour aux voisins quand on les croise. On reçoit NEON, son magazine préféré. On s’amuse de certaines habitudes allemandes (pendant qu’eux doivent s’amuser de certaines manies françaises). On discute de temps en temps avec sa coloc en faisant la cuisine. On a sa vie, quoi. Parfois quelques coups de mou. Quand on sait qu’il y a repas de famille là-bas chez nous et que de notre côté on est seule dans notre appart un samedi soir. Quand on voit des photos de sa soeur et qu’on a envie de passer du temps avec elle. Quand on tombe sur des publications partagées par sa mère ou son père et qu’on aimerait bien parler de ce sujet avec eux. Quand on aimerait juste dîner un soir à la maison et écouter les blagues pas drôles de Papa et s’amuser de voir Maman tomber dans le panneau une fois sur deux et s’exaspérer d’avoir une ado (bien comme il faut) comme soeur (bien que c’est le cycle de la vie et qu’il faut bien en passer par là). Mais c’est juste des petits coups de mou, rapides, brefs, ils passent vite. Et puis… vient le week-end tant attendu où on rentre à la maison, enfin presque, en France. On a trouvé un moyen assez facile et bon marché de rentrer, c’est deux semaines avant Noël, une petite coupure, un moment qu’on attendait puissance mille. Et le week-end se passe. On est trop heureuse, on est en famille, on voit sa grand-mère chez qui les retrouvailles se passent, ses cousins, leurs parents, nos parents, notre petite soeur. Presque tout le monde, quoi. Les gens importants pour nous, en fait. Donc on profite, mais le temps passe vite. On est déjà dimanche soir. Tout le monde rentre chez soi. Nous, on rentre que le lendemain matin très tôt en covoiturage. On a un peu le cafard, toujours l’impression qu’on s’est pas tout dit, qu’on aurait eu encore plein de choses à partager, mais c’est trop tard. On passe une dernière soirée avec notre grand-mère. Après des résultats d’élections pitoyables, désespérants et angoissants, on regarde une petite comédie pour oublier un peu. Et c’est déjà lundi, il faut repartir, le trajet du retour est long et déprimant. La journée sera longue et déprimante. Pour la peine, à midi on a mangé ses sandwichs, mais aussi quelques gâteaux, des céréales et du chocolat parce qu’il faut bien se remonter le moral et puis tant pis pour la ligne. On reprend peu à peu le rythme, on est allée faire les courses au magasin bio. On a rangé sa chambre. Fignolé quelques demandes de stage. Demain, cela reprendra pour de bon. Normalement. La routine étudiante. Bientôt Noël. Le coup de blues passera dans la nuit.

moi quand je rentre à Münster après un super week-end

moi quand je rentre à Münster après un super week-end

Morale de l’histoire : on est toujours heureux de devenir étudiant, (presque) indépendant, mais finalement c’est pas toujours si facile.

fac française ou uni allemande ?

 

Comment raconter le début de ma vie universitaire allemande ?

 

 

Et bien, c’est simple. Tout d’abord, cela n’a strictement rien à voir avec la vie universitaire française. Enfin, je ne peux pas vraiment parler de manière générale, donc je dirai plutôt que cela n’a rien à voir avec la vie universitaire à Sciences Po Lille. Pourquoi ? Parce que c’est tellement différent.

Première différence ?
Le nombre d’heures de cours. Sur mon emploi du temps, sur le site de la fac, chaque cours dure 2h. En réalité, c’est 1h30, ce qui a réduit mon emploi du temps d’un quart. Et les profs n’essayent pas de grapiller quelques minutes par-ci par-là, le cours est fini, ils arrêtent, parfois même avant l’heure officielle. Et je suis en week-end le jeudi à 10h. Mes week-ends sont aussi longs que mes semaines de cours.

Deuxième différence ?
Le caractère obligatoire des cours. Non, aucun cours n’est obligatoire (à part les cours de langue pour la bonne et simple raison que quelqu’un qui ne vient pas en cours de langue ne peut pas prétendre avoir appris la langue puisqu’une langue se parle, donc dans ce cas-là il y a une obligation de se présenter au cours). Les profs estiment que nous sommes assez grands pour venir ou non, si on ne se présente pas, on n’aura qu’à rattraper le cours via un camarade, et si on ne se présente pas le jour où on doit faire un exposé ou autre, c’est à nos risques et périls. Le maître mot : la débrouillardise. Tu viens, tu viens pas, c’est ton choix. Tu valides, tu valides pas, c’est ta faute. Soit parce que tu n’es pas venu et n’as pas rattrapé, soit parce que tu n’as pas pris la peine de venir la seule fois où tu avais une présentation à faire. Mais s’il n’y a rien à présenter et seulement des devoirs écrits à rendre, tant que tu les rends en temps et en heure, qu’est-ce que cela peut faire au prof que tu sois présent ou non ? Rien. Bref, on se sent plus adultes et responsables. Et on n’est plus enclin selon moi à venir en cours sans ce caractère obligatoire qui met pression et qui du coup fait que tu ne viens pas forcément pour apprécier le cours, mais seulement parce que tu y es obligé donc tu te forces et finalement t’es juste là assis, mais t’écoutes pas, parce que tu te sens frustré et que t’as pas envie d’être là, et ça ne sert à rien.

Troisième différence ?
Tes camarades de cours. Age, cursus, etc. Surtout dans les cours électifs. En cours de biopolitik par exemple, il y a nous, les doubles-cursus en deuxième année, il y a aussi d’autres premières années en politique il me semble, et puis aussi des gens en master. Ensuite, on étudie tous quelque chose en rapport avec la politique mais jamais exactement la même chose. Certains font de la politique et du français, d’autres de la politique et de la germanistique, d’autres encore plus largement les sciences sociales, d’autres de l’économie aussi, d’autres du droit. Tout le monde fait des trucs différents, c’est super intéressant. Dans mon cours de biopo, je suis sûre et certaine qu’il y a un mec qui a au moins 30 ans et qui ça se trouve a le même âge que le prof, voire est plus âgé car le prof est pas très vieux non plus.

Quatrième différence ?
Le travail perso. En fait, on se dit, bon, on n’a pas beaucoup de cours, mais du coup ça va être beaucoup de travail perso à côté. Ben en fait pas tant que ça, car étant en week-end le jeudi à partir de 10h, j’ai tout le temps de bosser les cours. Et tout ce que j’ai à faire, c’est lire des textes pour chaque cours, c’est vrai qu’ils sont plus ou moins longs et qu’ils sont en allemand, donc c’est du travail, mais j’ai pratiquement quatre jours pour faire ça. J’ai aussi quelques exposés, et j’aurais des partiels à la fin du semestre et des devoirs écrits à rendre en mars. Mais j’ai le max de temps pour le préparer, et je trouve ça pour l’instant beaucoup moins stressant qu’à Sciences Po où on était tout le temps speed (même si c’est vrai que j’ai eu que deux semaines de cours pour l’instant, mais comme je suis organisée, même pour les devoirs écrits à rendre en mars, ça va le faire, car du coup on a tout le semestre pour les préparer). Bref travail perso oui, mais développement perso semble aussi plus important ici dans la mesure où du coup on a du temps pour s’engager dans une association, se trouver un job ou encore se rendre à des expos ou visiter des musées aux quatre coins de la région grâce à notre Semesterticket qui nous permet de prendre le train gratuitement dans toute la région. Ce qui nous amène à la cinquième différence.

Cinquième différence ?
Le traitement des étudiants. L’Allemagne, en tout cas en Nordrhein-Westfalen, montre beaucoup de soutien envers les étudiants. Un semestre ici m’a coûté 238€. Dans ces 238€ est donc comprise l’inscription à la fac. Mais à cette inscription se rajoute le Semesterticket qui ne permet pas seulement de prendre le train gratuitement dans toute la région (sauf les trains rapides, mais c’est déjà énorme), mais aussi d’utiliser tous les transports en commun de la région avec possibilité d’avoir un vélo avec soi et d’être accompagné d’une autre personne les soirées du vendredi, samedi, dimanche et des jours fériés. Sans payer le moindre frais supplémentaire. Comparaison avec Sciences Po : je paye le prix fort avec les droits d’inscription modulés car mes parents sont considérés comme riches alors que pour l’instant, ce n’est que de la richesse fictive dirons-nous, et les seuls avantages sont l’agenda gratuit aux couleurs de l’IEP et les copies et photocopies gratuites illimitées. Et pour faire une comparaison plus générale avec le système universitaire français, les abonnements aux transports en commun ne sont pas offerts. Bien sûr, les boursiers ont des avantages, mais seulement eux. Et même une amie boursière qui pouvait rentrer chez elle avec le TER sans frais ne pouvait que prendre ce même trajet (fac/son domicile). Alors que là nous pouvons aller absolument partout en Nordrhein-Westfalen. Et les étudiants sont bien plus responsabilisés en université allemande qu’en France, dans la mesure où ils décident eux-mêmes ou non d’aller en cours et en subissent les conséquences ou non sans avoir la pression de l’administration. Cela peut être un désavantage, mais cela permet aux étudiants de vraiment se prendre en main, eux-mêmes, de choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent faire de leur vie ou non.

Sixième différence ?
Le cursus universitaire. Il n’y a pas de grandes écoles en Allemagne comme on l’entend en France. Ni de classes préparatoires. Il y a différentes universités avec différents types de cursus. Certaines sont bien sûr plus renommées que d’autres, plus prisées. Mais cela reste l’université. Il n’y a pas d’ENS ou d’ENA ou d’INSA ou encore de HEC. Et il existe la possibilité de pouvoir, quel que soit notre âge, notre niveau d’études déjà atteint, commencer un nouveau cursus. Exemple : Sciences Po Paris ne peut être tenté que directement après le bac. Pas possible de commencer en bac + 1, on doit ensuite attendre le Master. Sciences Po Lille présente un peu le même système, comme les autres IEPs. Il est possible d’y entrer directement après le bac ou en bac + 1, mais au delà, il faut attendre le master. Du coup, il n’est pas non plus possible de faire une année sabbatique ou de service civique entre le début de ses études et l’obtention du baccalauréat. En Allemagne, c’est tout autre, il suffit de regarder les Allemands de mon cursus Sciences Po qui sont donc entrés par la voie allemande, la voie de l’université allemande. Certains sont plus âgés, la plus vieille a déjà eu 22 ans cette année il me semble. Alors que je n’en ai que 19. Rentrer à Sciences Po en première année à 22 ans du côté français n’aurait pas été possible. Certains ont fait une année de service civique ou autre. Dans certains des cours on voit aussi bien que certaines personnes, bien qu’elles commencent à étudier la science politique et en sont donc à leur premier semestre, sont plus vieilles que moi qui pourtant en suis déjà à mon troisième semestre.

Bref, voilà, l’organisation, le rapport aux élèves, aux études, le travail demandé, l’accessibilité aux différents cursus, etc, sont autant de différences qui nous permettent de mettre en parallèle le système universitaire français et le système universitaire allemand. La notion d’élite est beaucoup moins explicite à la fac allemande, beaucoup moins visible. Et encore, il y a bien d’autres différences qui se laissent percevoir, je ne vous ai citées que celles que j’ai pour l’instant le plus remarquées pour vous donner un petit aperçu de la culture allemande du point de vue de la formation. Après je ne connais pas vraiment le système à la fac pure en France, je ne connais que le système Sciences Po et ce qui tourne autour des grandes écoles. Mais il me semble que du coup la fac est un peu dévalorisée en France, en tout cas dévaluée, alors qu’elle propose des cursus toujours plus intéressants. Il me semble aussi qu’on ne met pas assez de moyens dans l’éducation en France par rapport à l’Allemagne. Les étudiants en Allemagne ont énormément de possibilités MAIS AUSSI les moyens qui vont avec, là est la différence. Après je ne pourrais cependant pas dire quel système est le mieux, il y a sûrement du bon à prendre dans les deux, mais cela peut donner à réfléchir. Est-ce que les Allemands réussissent moins bien que nous ? Non. Donc il doit bien y avoir un juste milieu, un système idéal. (Ou je suis trop idéaliste, c’est une possibilité.) Être à Münster me permet vraiment d’expérimenter deux types de formation, d’apprentissage, deux manières différentes d’apprendre et d’enseigner, et c’est vraiment bien de pouvoir avoir les deux points de vue.